GTJ (Grande Traversée du Jura) en boucle ! – Eté 2021

Cet été 2021, nous avons découvert le Jura à vélo et avons fait la GTJ (Grande Traversée du Jura) qui peut se pratiquer à pied, à vélo, à cheval ou encore à ski l’hiver. Nous avons trouvé de nombreuses informations sur Internet à commencer par le site https://www.gtj.asso.fr/

Mais comment faire une boucle? C’est très simple, il suffit de relier le Rhone, la Saone et le Doubs.

Voici le lien sur l’itinéraire initial que nous avons essayé de suivre. Au total, nous avons parcouru un peu plus de 1000 kms

Voici un petit descriptif de nos étapes:

Jour 1: Chalon sur Saône-Gergy (26 kms): départ de Chalon en fin d’après-midi après avoir déposé la voiture, et départ sur l’eurovélo 6; nuit au camping municipal agréable et le moins cher du voyage, en bord de Saône, à côté d’une guinguette savoureuse.

Jour 2: Gergy-Dôle (75kms): On quitte la Saône au joli village de Verdun sur le Doubs pour suivre le Doubs et le début du canal Rhin-Rhône. Nuit au camping municipal de Dôle pour visiter la ville, pleine de charme.

Jour 3: Dôle-Besançon (75kms): De très jolis tronçons sauvage près du Doubs qui évoquent un peu le Danube. L’arrivée avec la vue sur la citadelle de Besançon est surprenante. Un arrêt est indispensable car c’est une ville magnifique et chargée d’histoire.

Jour 4: Besançon-Saint Hippolyte (85kms): l’eurovélo 6 inondée nous impose un changement d’itinéraire, au lieu de rallier Montbéliard, nous coupons vers Saint Hippolyte à partir de Baume les Dame, en montant sur le plateaux du Jura. Nous prenons un chalet pour deux nuits au charmant camping de Saint Hippolyte, à cause des intempéries.

Jour 5: journée de pause (pluie continue) visite de Montbéliard en bus

Jour 6: Saint-Hippolyte-6 kms avant Morteau (65kms): nous commençons la Grande Traversée du Jura (balisée GTJ) par une longue montée sans difficulté (5%) sur une route tranquille qui nous hisse à hauteur d’épicéas. Un déluge nous fait nous arrêter à l’auberge franc-comtoise, sur le chemin de la GTJ. Une excellente adresse à tous points de vue!

Jour 7: Morteau-Mouthe (source du Doubs): 72 kms.
Une belle étape, très variée avec un col à 987m, avant de relier un bout de voie verte entre Morteau et Pontarlier. La journée se finit par une longue montée vers la « petite Sibérie » mais quelle beauté! Arrêt au camping municipal de Mouthe, idéalement situé à la source du Doubs.

Jour 8: Mouthe-La Mouille (bivouac) 72kms: longue descente, puis remontée vers plusieurs lacs. La petite route entre Lézat et Morez dans la forêt est charmante. Bivouac après Morez, dans les bois.

Jour 9: La Mouille-Lajoux (+ Moirans) 72kms: Longue et très belle montée vers Lajoux et le lac de Lamoura que nous atteignons à midi. Nous quittons la GTJ pour Saint Claude et Moirans en Montagne où nous avons loué un gite pour quelques jours de repos en famille.

Jour 10- Lajoux-Chézery (27kms): Retour sur la GTJ et reprise du vélo pour une courte étape (journée très chaude), descente vers Mijoux et arrêt au camping de la Valsérine, du nom de la rivière translucide qui le longe. Randonnée.

Jour 11: Chézery-Champagne sur Valromey (65kms): après une longue descente vers Bellegarde sur Valserine, nous attaquons la longue montée (7%) , mais ombragée, vers le col de Cuvery à 1159m sur le magnifique plateau du Retord. Nous regrettons de ne pas avoir poussé jusqu’au camping d’Artemate, à proximité d’une belle cascade.

Jour 12: Champagne sur Valromey- Murs en Gelignieux (73kms): nous quittons à regret le Buget pour la via Rhona à Culloz. Le camping de Murs et Gelignieux est bondé. A visiter: le village de Chanaz et plus loin la maison d’Yzieux. Possibilité de faire une boucle par le lac du Bourget.

Jour 13, 14, 15, 16: Retour vers Chalon sur Saône le long du Rhône, puis de la Saône (attention, simple chemin de halage jusqu’à Macon). A partir de Macon, opter de passer par la magnifique voie verte à l’ouest qui nous fait visiter Cluny et les coteaux de vignoble de Bourgogne. Beaucoup de vélos, on comprend pourquoi!

Pirinexus et la Catalogne en 6 jours à vélo

Du 17 au 23 octobre 2020, nous avons eu du soleil tous les jours.

Samedi 17 octobre.  Amélie les Bains-Maureillas ( 20 kms). 
Dépôt de la voiture à Amélie les Bains, pour vingt kilomètres « pour se faire les jambes » sur notre premier tronçon de voie verte, avant Maureillas.  Nous dormons à l’Auberge du chêne, le restaurant  familial à côté est tenu par un ancien antiquaire et ne manque pas de charme. En revanche, nous apprenons que tous les restaurants et bars sont fermés pour quinze jours en Catalogne à cause du coronavirus. Or nous n’avons pris ni tente ni réchaud pour nous alléger. Devrons nous renoncer à notre projet si près de la frontière ?
Dimanche 18 octobre. Maureillas-San Pere Pescadore  (76km).
 Finalement, nous décidons de continuer quand même notre périple en Espagne, il faudra juste réserver les hôtels la veille pour être sûrs d’avoir de quoi dormir et dîner. La montée sur l’étroite route qui conduit au col de Panissar est magnifique, avec la vue sur le Canigou. Nous passons au milieu des chênes liège, en nous faisons doubler par de nombreux cyclotouristes.  En haut c’est intéressant de visiter les ruines romaines et le fort de Bellegarde qui surplombe le col. Nous basculons côté espagnol vers la Jonquera, et là, le chemin empierré comme un chemin de randonnée montagneux se fait beaucoup plus abrupt.  Marcellin m’aide à gravir certains passages difficiles avec mon vélo chargé, parce que j’ai des chaussures qui glissent. Je commence à me demander dans quelle galère je me suis embarquée ! Après la Jonquera, nouvelle montée raide sur un chemin en terre, ce sera à pied pour moi. Le paysage change et les champs d’olivier se parsèment de mégalithes, nous cheminons à présent tranquillement sur des chemins agricoles le long  des rangées de pommiers et des vignobles. Les villages sont déserts, quelques rares habitants masqués traversent la rue. Partout visible en revanche sur les routes et les monuments, la boucle jaune du parti indépendantiste catalan.  En cette fin de journée, nous pédalons contre le vent qui s’est levé, et arrivons à Sant Pere Pescadore les pieds mouillés, à cause des nombreuses traversées de routes inondables entre les roseaux.  La mer est agitée, les kytes surfs s’en donnent à cœur joie. Le dîner au Mas del Jonclar est un régal, je me remets avec joie à l’espagnol.
Lundi 19 octobre. San Pere Pescadore-Platja de Aro (71kms) 
Après une nuit incroyablement reposante au Mas del Jonclar, et un solide petit déjeuner, nous voilà repartis vers le sud, avec le vent qui forcit. Les champs de pommiers se succèdent, nous continuons sur les chemins agricoles dont certains sont un peu difficiles à cause des grosses pierres, mais jamais pour très longtemps heureusement.  Peu d’hôtels sont ouverts  à Platja de Aro, nous avons réservé au luxueux St Jorge Park Hotel qui a aussi l’avantage de donner sur le magnifique sentier littoral dont nous profitons en fin d’après-midi.
Mardi 20 octobre. Platja de Aro-Anglès 75 kms
Après un dernier coup d’œil à la mer, nous lui tournons le dos pour remonter vers Gérone (photo ci-dessous) depuis Le Tinglado, le port de Sant Feliu de Guixols. L’avantage, c’est que nous avons désormais le vent derrière nous, il fait toujours aussi bon, plus de vingt degrés. Contrairement aux jours précédents, il s’agit à présent d’une voie verte en bon état, où nous cheminons sans effort jusqu’à Gérone à l’écart des voitures. Après une grimpette pour aller voir l’imposante cathédrale, nous quittons la ville facilement le long des jardins, des nombreux platanes et de la rivière. Notre hôtel à Anglès est simple, mais nous y dînons très bien.
Mercredi 21 octobre : Anglès-Sant Joan de les Abadasses (65kms)
La journée commence par une montée régulière sur 30 kms dans la forêt, le long de ce qui était l’ancienne voie ferrée, nous croisons d’ailleurs des anciennes gares à tous les villages. Nous sommes étonnés par les pierres volcaniques d’Olot en arrivant dans la ville. Nous avons déjà 40 kilomètres dans les pattes quand nous attaquons la route qui va vers le col de Coubet (1010m), il fait chaud et nous suons à grosses gouttes. La redescente dans les couleurs d’automne jusqu’à Sant Joan de les Abadasses nous enchante. Ce village historique a beaucoup de charme, et nous aimons franchir son vieux pont en pierre (voir photo), admirer ses églises romanes et sa cascade à vingt minutes du centre.  Nous dormons dans l’hôtelet, très bien situé, et nous commandons une pizza pour le soir. 
Jeudi 22 octobre : Sant Joan de les Abadasses-Prats del Mollo (49 kms)
Le chemin qui continue après Sant Joan est ardu : après Bastillas, il vaut mieux regagner la route, plutôt que de s’engager sur le GR, absolument pas fait pour des vélos. Heureusement, la suite s’annonce meilleure et la montée de 14 km vers le col d’Arès à partir du joli village de Comprodon (encore un superbe pont en pierre ! voir photo) se fait sans grande difficulté (5% de dénivelé) au milieu des pâturages.  Nous ne nous attardons pas en haut, préférant descendre avant l’arrivée prévue du mauvais temps, il faut se couvrir avant la descente en lacets entre les châtaigniers dorés. Cette redescente est aussi longue que la montée, jusqu’à Prats del Mollo, avec un dénivelé plus important côté français (8%). On est contents de l’avoir fait dans le bon sens ! Nous avons une pensée pour les 100 000 républicains qui ont fui l’Espagne franquiste  en passant par ce même col en plein hiver 1939 lors de la Retirada.  Après avoir visité l’ancienne cité royale de Prats del Mollo et sa citadelle, nous dormons à la chambre d’hôtes Mauro , et dînons dans le délicieux restaurant « le temps des cerises » : il faut impérativement réserver, mais nous passons un très bon moment avec les propriétaires,  Serge et Micheline, grand passionnés de cuisine et de voyages. 
Vendredi 23 octobre Prats del Mollo-Amélie les Bains (20 kms de descente !) 
Retour à la voiture par la route. Déjà ! On aurait bien continué…
Pour plus d’information, le site internet https://www.viesverdes.cat/fr/ est très détaillé. On peut notamment télécharger le tracé GPS au format GPX et aussi le livret de 50 pages donnant toutes les étapes.

L’Arménie en vélo sur trois semaines-été 2019

  • Petit rappel : l’Arménie est une République parlementaire grande comme la Belgique, dont
    les frontières ont été fixées en 1920 selon un traité imposé par la Turquie ( il ne comprend pas le territoire du Haut Karabakh qui se trouve en Azerbaidjan et qui est majoritairement
    peuplé d’Arméniens). L’Arménie compte 3 millions d’habitants, sans compter les 4,5millions d’Arméniens qui vivent en dehors du pays (diaspora). Ce pays est enclavé entre l’Azerbaidjan et la Turquie, pays avec lesquels elle est toujours en conflit, et la Géorgie et l’Iran au Nord et au Sud avec lesquels les infrastructures
    routières sont peu développées. Le principal partenaire commercial est la Russie, même si elle a des liens avec l’OTAN, et aussi la France, car elle est membre de la Francophonie. Historiquement, l’Arménie a souvent été envahie, à cause de sa situation de carrefour entre l’Iran, la Turquie, et la Russie. Elle a aussi été
    victime du génocide de 1915 dans l’Empire Ottoman, qui a fait plus de 1.5 million de victimes, mais aussi de plusieurs tremblements de terre dont celui de 1988 qui a ravagé la deuxième ville du pays
    Gyumri.
  • Pourquoi choisir l’Arménie ? Nous avons profité de ce que notre grande fille faisait un
    stage à l’ambassade de France à Erevan pour venir la rejoindre. Pour la première partie de notre voyage, nous nous sommes largement inspirés du site très complet fait des « tsaga »
    (https://tsagaventure.com/transcaucasie/), qui nous a encouragé à prendre aussi nos trois vélos en soute, (Tom, notre grand adolescent de 17
    ans était aussi du voyage) ce qui était une première pour nous.
  • Une destination exigeante qui nécessite de faire des choix. D’abord, l’été, il fait très chaud pour pédaler en Arménie, aussi avons-nous préféré explorer l’Arménie des hauteurs
    et du Nord pour rester entre 1500 et 2000 mètres le plus possible. Les premiers jours ont été une exception : plaine de Erevan, Khor Virap et Yeghednazor, mais c’est aussi là que nous
    avons le plus souffert des températures élevées (+36°c). Cela explique aussi notre choix de faire l’impasse sur le célèbre monastère de Tatev plus au sud. Ensuite, l’Arménie est un pays volcanique et montagneux, marqué par de nombreuses failles et canyons. Compte tenu du relief accidenté du pays, mais aussi de notre manque
    d’habitude à pédaler en montagne, nous avons aussi bien réfléchi à un itinéraire qui combinait montées et descentes avec modération, entre 500 et 700 mètres
    de dénivelé montant par jour, pour des étapes oscillant en général entre 40 et 65kms. A refaire nous ne changerions rien.

Notre parcours vélo :

  • J1. Erevan-Sevaberd – Akna lake (3000m) en jeep avec les vélos sur le toit, nous avons demandé les services de « One way travel »
    à Erevan, mais le capot de notre jeep fume, le véhicule a des problèmes de fuite de radiateur et n’arrivera pas jusqu’en haut, même en sacrifiant nos bouteilles d’eau. Nous ferons
    la suite à pied, heureusement, il ne reste que quelques kilomètres. Bivouac au pied du lac. 
  • J2. Akna Lake – Volcan Adzahak (12 kms) : Bivouac et ascension du volcan à 3500m. Un cheminement ardu à cause du dénivelé,
    mais surtout de l’altitude qui nous essouffle, des cailloux et rochers, ainsi que la neige, qui a nécessité un peu de portage vélo, nous avons fait presque tout à pied en poussant les vélos.
    Plus facile à pied qu’à vélo, mais nous avons rarement pédalé dans un site aussi magique, au milieu des fleurs violettes. Nécessite d’avoir maps me ou la trace GPX 
    avec ViewRanger car le sentier n’est pas indiqué.
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  • J3 : Adzahak-Goght (30 kms, 1400m de dénivelé en descente). Piste éprouvante pour les vélos, mais paysage très
    dépaysant, au milieu des troupeaux et des campements des yézidis. Nous ne nous sommes pas trop approchés, les chiens étaient dissuasifs ! Nous restons deux nuits au camping magnifique des 3S
    à Goght, et profitons de la piscine et de la cuisine irréprochable. Visite du superbe monastère de Geghard (photo) en fin de journée où nous testons le « gata » arménien, le gateau local.

 

  • J4 ( 20kms, 300m de dénivelé descente puis remontée) : Journée de pause, visite du temple hellinistique de Garni en vélo, à proximité. Nous renouons avec la chaleur.

 

  • J5 : Goght – Khor Virap (environ 45kms): depart très tôt à cause de la chaleur, premier col en montée, et longue pause
    dans le parc de la ville d’Artashat. L’occasion de regarder les parties de backgammon et de discuter avec les papys de la ville. Bivouac à Khor Virap, avec vue
    sur l’Ararat mais nous sommes dérangés par le vent et les moustiques et ne dormons pas beaucoup cette nuit-là. 

 

  • J6 : Khor Virap – Crossway camping (Getap) : pour aller plus vite, nous faisons du « camion stop » jusqu’à
    Areni. Dans la foulée, nous enchainons avec la dure montée vers le monastère de Noravank à l’heure chaude (+800m en 8kms) dans un paysage de canyon
    extraordinaire. Nous campons près de Getap au Crossway camping qui a la bonne idée d’avoir une piscine !
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  • J7 : Getap – Martouni  (65kms, +1300m/-500m de dénivelés). C’est la difficile journée de notre périple avec
    l’ascension du Selim Pass. Mais là encore les paysages sont grandioses et des gentilles arméniennes francophiles nous donnent plein de choses à manger avant le col. Nous sommes impressionnés
    par tant de générosité ! Nous dormons dans le Bed and Breakfast «  Green Gables » à Martouni, très bon accueil de notre hôtesse Satik Manouchian, même
    si le bâtiment n’est pas fini. 

 

  • J8 : Martouni-Sevan (65km) : une route un peu trop fréquentée à notre goût mais la température est plus clémente
    car nous sommes à 2000m et c’est quasiment plat. De petites chapelles jalonnent notre parcours, l’eau du lac a une couleur irréelle. Visite du monastère Hayravank. Nous dormons au Lavash Hotel avant Sevan, qui a une vue imprenable sur le lac, sa propre plage, et un excellent petit déjeuner.

 

  • J9 : Sevan-Chambarak (60km, +400m/-500m) : après la visite de Sevanavank, nous affrontons les nuages dans la partie nord du lac. Beaucoup
    de friches industrielles, et une ambiance vraiment particulière. A la bifurcation pour Chambarak, la route monte fortement, et nous pédalons dans le mauvais temps et la pluie. Nous arrivons transis de froid et
    mouillés à Chambarak, en essayant de ne pas écraser les nombreuses oies, chez Anna bed and breakfast, qui est près du centre. Anna et sa mère sont adorables, et au petit soin pour nous. On
    les quitte le lendemain à regret, comme des amis.
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  • J10 : Chambarak – Goschavank (45kms -800m/+300m) : à Chambarak, l’épicière nous fait cadeau d’un melon, et
    de plein de légumes, alors que nous étions simplement en train de nous mettre de la crème solaire devant sa devanture. Incroyable ! On a adoré la descente de 38km (-800m) qui a suivi, jusqu’à
    Gosh, en suivant la rivière Getik, la route est agréable, peu fréquentée et traverse de nombreux hameaux agricoles. Nous dormons à l’hôtel de Gosh, au pied
    du monastère de Goshavank, après une montée ardue sur 5kms. La vue sur le monastère est unique, et les dames adorables, même si on a l’impression que l’hôtel n’a pas
    bougé depuis 50 ans. Le propriétaire du café nous montre sa photo avec Charles Aznavour. Pas un jour sans qu’on nous parle de ce grand homme, qui a beaucoup fait pour son pays. On a été
    au lac Gosh à pied, et on déconseille de le faire à vélo car l’ascension est très raide.

 

  • J11 : Goshavank – Dilijan (40kms) : une route parfaitement bitumée jusqu’à Dilijan, mais très fréquentée.
    Pour atteindre le monastère de Hagartsin nous devons emprunter de nouveau une route de 8 kms qui traverse la forêt et nous demande de nombreux efforts (+400m de dénivelé. On regrette de ne pas
    avoir bivouaqué le long de ce parcours. Le soir, nous arrivons au B&B « Chez Nina », mais nous sommes un peu déçu car la propriétaire n’est plus là, et l’accueil
    s’en ressent.

 

  • J12 : journée de pause : randonnée jusqu’au Parz Lake (14kms à pied, 3h30).

 

  • J13 : Dilijan-Vanadzor- route d’Alaverdi (60kms +600m/-600m) : la montée se fait régulièrement
    vers Vanadzor, jusqu’aux paturages et aux sapins et bouleaux. (+600m environ). Nous laissons Tom repartir en taxi à Erevan rejoindre sa sœur pour la fête de l’eau (Vartavar) qui est le lendemain,
    28 juillet. A Vanadzor, des papys Arméniens fan de vélo nous offrent le café et les baklavas ; Et nous repartons en direction d’Alaverdi, cela tombe bien, c’est de la descente. Nous dormons
    dans un petit resort arménien qui veut bien qu’on campe sur sa jolie pelouse.

 

 

  • J14 : sur la route d’Alaverdi (20km, -700m) le gardien du site tient à nous offrir le café et des biscuits, merci Grigori !
    Le canyon vers Alaverdi est incroyable, la route est chouette, c’est dimanche il n’y a pas grand monde. Les travaux commencent peu avant la ville, et ne nous gênent pas vraiment. Chez Iris bed and Breakfast,
    Irina nous donne des conseils utiles et nous reçoit avec beaucoup de professionnalisme. Nous faisons la randonnée entre les monastères d’ Hagpat et Sanahin (3h) à l’heure chaude, mais
    comme c’est Vartavar, on se fait arroser ! Nous rentrons en taxi.

 

 

  • J15 : Alaverdi-Stepanavan (40kms, +700m/-200m) : route en lacet sans grande difficulté pour sortir du canyon vers Odzun, malgré
    les 300 mètres de dénivelé positif. Dans la jolie église d’ Odzun, le prêtre nous fait l’honneur d’une visite rien que pour nous. Puis nous faisons plusieurs montées
    et descentes jusqu ‘à Stepanavan, en traversant de jolis villages, c’est une journée assez fatigante malgré le faible nombre de kilomètres. Nous dormons chez Ruzanna Bed and breakfast,
    et discutons avec Sona, la fille de Ruzanna, qui parle anglais. L’emplacement est bien, mais la présence de toute la famille, des petits enfants jusqu’à la mamie de 96 ans, entassée dans quelques
    pièces, est un peu oppressante, nous avons l’impression de gêner, et nous préférons manger dans le nouveau café Carahounge, tenu par des réfugiés syriens. Une jeune fille
    de 12 ans, Varya, vient nous aborder dans le parc pour discuter en anglais, elle veut travailler dans la silicon valley et nous impressionne par sa grande maturité.

 

  • J16 : Stepanavan-Tashir- Blagardanoye (60km, +300m/-200m), presque uniquement sur route non bitumée. Après une visite éclair
    en taxi chez le dentiste pour Marcellin à Vanadzor, nous poursuivons vers Tashir en prenons les chemins de traverse. A Sverdlov, les locaux essaient de nous en dissuader, en raison du mauvais état de la route.
    On s’est obstinés, mais force est de constater qu’ils avaient raison, ce tronçon vers Tashir nous fait souffrir, nous poussons les vélos sous la chaleur dans les cailloux. A Tashir, un monsieur
    m’offre une pastèque, que j’arrime comme je peux sur mon vélo. Nous souhaitons poursuivre vers le pass sur la route jaune, mais les habitants de Tashir à qui nous demandons l’état
    de la route ne sont pas d’accord, certains nous disent que ce n’est pas possible, d’autres que si. Nous décidons de poursuivre, car nous ne voulons pas revenir en arrière. Les 8kms vers Blagordanoye
    sont fastidieux, nous zigzaguons entre les nids de poule. Au lieu idéal du bivouac, près de la rivière de Blagordanoye, et alors que nous aspirons au repos, une fête bat son plein. Armen nous invite
    à fêter son anniversaire, à grands renforts de verres de vodka, de danse et de chants. Nous sommes conviés à nous attabler avec famille et amis, et poulet, poisson, pastèque s’amoncèlent
    dans nos assiettes. Puis ils se « battent » » pour nous inviter à dormir chez eux, nous finirons dans le lit d’Armen et d’Eleni qu’ils veulent absolument nous donner
    pour la nuit, non sans avoir bu le lait fraichement tiré du pi de leurs vaches.

 

  • J17 : Blagardanoye- Gyumri (65 kms, +700m/-800m) : Nous prenons congé d’Armen et Eleni, et aussi
    de nos jeunes traductrices Leane et Suzanna qui nous ont servi d’interprètes avec brio. Le Karakhach pass (2273m) est assez difficile en raison du mauvais état de la route. En revanche les voitures sont
    rares et les hauts plateaux fleuris sublimes, nous croisons des apiculteurs qui ont fait des ruches dans des autobus. (photo ? ) Des Yézidis nous invitent dans leur yourte à boire un café et manger de la pastèque, nous acceptons avec reconnaissance. Eux aussi ont des membres de leur
    famille qui vivent en France, comme la plupart des Arméniens rencontrés. Ils vivent de l’élevage, et vivent dans les estives 4 mois par an, le reste du temps ils sont à Erevan. Ils nous invitent
    à rester chez eux, mais la route nous appelle. En redescendant vers Gyumri, nous renouons avec la sécheresse et les paysages jaunis que nous avions oubliés. Les arbres sont rares dans la région,
    cantonnés aux villages.

 

 

  • J18 : Gyumri- Ttujur (près d’Aparan) (75 kms, +800m/-400m). Après un petit-déjeuner très copieux chez Gnarik (
    Sari Tey Bed and Breakfast, que nous recommandons), nous remontons à 2000 mètres pour suivre la jolie route d’Arevik, Panik, Spandaryan. Elle est bitumée et tranquille, et nous permet de traverser
    des jolis villages ainsi que de jouir de magnifiques vues sur l’Aragats et les champs de céréales dorés. Nous nous arrêtons fréquemment pour discuter ou prendre un rafraichissement.
    A la pause du midi, l’épicier de Gegadhr, désolé que nous n’ayions pu trouver des tomates chez lui, fait le déplacement spécialement chez lui pour nous en chercher et nous les
    apporter découpées dans une assiette, et cela gratutement ! De Alagyaz jusqu’à Aparan, nous renouons avec un trafic plus dense et nous devons être vigilants en descente à cause
    des nids de poule sur le bas-côté. A Aparan, nous pensions aller jusqu’à Hankavan, mais la piste et la difficile montée qui s’annonce nous en dissuade. Nous changerons donc d’itinéraire,
    en redescendant vers le réservoir d’Aparan et la vallée du Hrazdan pour rejoindre Erevan par les petites routes.

 

  • J19 : Ttujur – Erevan (75kms, +100m/-1100m) : nous quittons avec regret les champs moissonnés d’altitude, pour une journée
    de descente quasi continue, nous apprécions de revoir nos jeunes amis suisses Denali et Antoine, que nous avions rencontrés sur la route d’Alaverdi. Ils ont campé au pied du monastère de Astvasenkal
    Vankh, près de la rivière. Valéria, le tailleur de pierre qui rénove le monastère, très endommagé après le tremblement de terre, nous offre un bon café et des
    « gatas » de sa femme. Nous continuons par Argel, puis Marcellin suit les traces GPS de cycling Armenia pour rentrer dans Yerevan, et ensuite nous essayons de trouver l’accès à notre
    hôtel (Envoy Hotel, sympathique lieu de rencontre des voyageurs) en nous servant de Google maps piétons et Google maps voiture puisque Google maps vélo n’existe pas en Arménie. 

 

La carte de notre trajet :

Pour ceux qui veulent importer ce tracé au format GPX, voici le lien https://drive.google.com/file/d/1om8V0In4vp-RLrRKe-JMlFU7IoLWwJxf/view?usp=sharing

Notre bilan :

Ce qu’on a aimé :

  • La gentillesse des Arméniens, très généreux et toujours prêts à aider.
  • Les rencontres en général, avec les Arméniens ou avec les voyageurs. (Rappelons toutefois qu’un rudiment de russe ou d’arménien est indispensable pour pouvoir
    communiquer localement, peu de personnes parlant anglais ou français.)
  • La cuisine arménienne, et l’abondance des fruits et légumes au bord de la route. 
  • Les bras et pouces levés des conducteurs de Ladas, qui nous encourageaient ou nous klaxonnaient. 
  • Les sites exceptionnels des monastères.
  • Les fontaines d’eau dans les villages
  • Nos deux jours dans les Geghama à 3000m d’altitude.
  • L’abondance de la faune et de la flore, les travaux des champs qui nous font remonter quelques décennies en arrière.
  • L’animation des rues de Erevan le soir (fontaines lumineuses, de la place de la République, place de l’Opéra, cascade), le musée des manuscrits à Erevan.
  • Le sentiment de sécurité.

 

Ce qu’on a moins aimé

  • Les chiens agressifs
  • Erevan en vélo
  • Les routes très pentues pour aller aux monastères
  • Pédaler sur les routes à fort trafic (heureusement peu nombreuses)
  • Les routes en mauvais état (quand les gros cailloux nécessitent de pousser le vélo). 
  • Les déchets au bord des routes, des lieux de pique nique, des rivières. 

 

Voyager en avion avec les vélos : cette première expérience du voyage en avion avec les vélos est positive, nous n’avons pas eu de problème particulier à gérer et les vélos sont revenus
en bon état dans leurs cartons. Voilà comment nous avons procédé, dans les grandes lignes :

Quelques semaines avant de partir, nous avons demandé à notre vélociste à Toulouse de nous donner des cartons, (ils nous ont donné aussi plusieurs
éléments de polystyrene pour caler les vélos) que nous avons mesurés pour voir s’ils rentraient tous les trois dans notre voiture. Leurs dimensions : 138X83X21, 136X76X20 et 136X76X20.
Ensuite, nous avons testé le démontage des vélos pour voir si cela convenait : dégonflage de moitié des pneus, le guidon desseré et attaché, les pédales enlevées et attachées au porte bagage, la selle baissée, la roue avant défaite (ainsi que l’axe de la roue) et attachée
par des straps au cadre. Cela prend du temps, surtout pour 3 vélos, ne pas sous-estimer cette opération !

Ensuite, l’idée était de mettre les cartons dans la voiture, ainsi que les sacoches, pour aller à l’aéroport de Lyon, où nous avions notre
vol Aeroflot-Moscou-Erevan.

Nous avons demandé un billet avec le maximum de bagages : deux bagages par personne en soute, soit un vélo et un sac, c’est à dire deux fois 23kg. Nous
avions donc au total 8 sacoches vélos, réparties entre trois grands sacs en soute, et deux sacoches vélos que nous emmenions en cabine. Nous avons aussi pensé à prendre des sacs à
dos pliables, pour les randonnées. La sacoche guidon d’ Anne est passée comme un sac à main. Attention, au retour, l’aéroport de Erevan nous a confisqué le scotch brun (un rouleau
tout neuf !) qui nous servait à fermer les cartons, car c’est un produit interdit en cabine.

A Lyon, comme à Erevan, nous avons enregistré nos cartons vélos comme bagage « hors dimension » (oversize), après avoir fait l’enregistrement
des autres sacs. Ils ne nous ont pas demandé d’ouvrir les cartons. A l’arrivée, nous avons récupéré les cartons vélo sur le tapis à bagages normal à Erevan,
et à Lyon, sur un tapis spécifique « hors dimension ».

A Erevan, l’hôtel Envoy nous a envoyé un véhicule adapté pour embarquer nos cartons et nos sacoches, car nous arrivions à minuit. Il a accepté
de laisser les vélos dans le corridor de l’hôtel et nous avons pris le temps de les remonter devant l’hôtel sur le trottoir, ce qui a d’ailleurs suscité une certaine curiosité
et favorisé des rencontres !

 

 

 

 

 

 

 

PASSAU-BUDAPEST SUR L’EUROVELO 6 LE LONG DU DANUBE (été 2016)

Voilà le détail de notre périple pour d’autres familles qui
auraient l’idée de découvrir le Danube à vélo entre Passau et Budapest en passant par l’Autrice et la Slovaquie.

Pour nous, il nous a fallu deux jours
de voiture depuis Toulouse jusqu’à Passau en Allemagne. Notre Picasso est bien
chargée : nous sommes cinq, dont trois ados,  plus les quatre vélos sur le porte-vélo, et
nos douze sacoches dans le coffre. Le cinquième vélo, nous avons prévu de le
louer à Passau et de le rendre à Vienne, car Mathilde, une copine d’Alice, nous
accompagne mais ne fera que la première semaine avec nous. Nous faisons une
pause non loin de Genève chez Vincent, un copain de promo de Marcellin, c’est
le soir de la fête nationale et il y a des feux d’artifice partout. Le
lendemain, après avoir traversé la Suisse (rappelons qu’il faut payer les 38
euros de vignette), nous arrivons enfin au camping de Passau le 2 août. Il
pleut, mais heureusement, cela ne durera pas…

Jour1 Passau-Inzell (
50km)

Un très joli tronçon, qui comprend non seulement la visite
de la très jolie ville de Passau, mais aussi une magnifique piste cyclable en
bord de Danube, en particulier après les vingt premiers kilomètres, quand la
piste s’éloigne de la route. Les cyclistes sont nombreux,  attablés aux tavernes (Biergarten)
régulièrement réparties sur le trajet. Nous choisissons de dormir au camping
d’Inzell pour sa tranquillité, et nous le regretterons pas, c’est un très joli
camping, très verdoyant. Prévoir l’anti-moustique, qui nous a servi presque
tous les soirs le long du Danube pendant 15 jours.  

Jour 2 Inzell- Linz
(65kms)

Si le matin est bien agréable, l’arrivée à Linz est
nettement moins plaisante, de même que le camping de Linz où nous sommes tous
très entassés. On dirait un camp de réfugiés, les groupes de cyclistes sont
quelquefois un peu pesants. Heureusement, ce camping a l’avantage d’être à côté
d’un lac où on peut se baigner, comme le font ce jour-là de nombreux habitants
de Linz pour échapper à la grande chaleur. Le centre -ville de Linz dont les
façades baroques sont très colorées mérite le détour, même s’il n’est pas à
côté du camping. La nuit fut bruyante à cause des groupes d’autrichiens et de
tchèques.

Jour 3 Linz-Grein
(63kms)

Journée de pluie, pour nous mettre en condition pour la
visite du camp de concentration de Mauthausen, où on arrive en montant une
côte, une fois n’est pas coutume. A faire absolument pour le devoir de mémoire,
un lieu très émouvant, on en paye que l’audioguide mais cela vaut vraiment le
coup, même si c’est long (3h environ). Le soir, nous arrivons dans le beau
village de Grein toujours mouillés et nous devons monter les tentes sous la
pluie dans le camping détrempé. Par chance, ce camping a un restaurant pour
manger au sec.

Jour 4 Grein-Melk
(53kms)

Un vent fort dans le dos nous propulse littéralement à notre
objectif en un temps record : l’abbaye bénédictine de Melk. Nous y
arrivons à 14h, ce qui nous donne largement le temps d’en faire la visite,
après avoir planté les tentes. (Le coin douche et toilette du camping est un
peu restreint). La visite guidée de l’abbaye nous plonge dans l’histoire longue
des Habsbourgs (600 ans) et de l’âge baroque. La bibliothèque est absolument
magnifique, de même que l’église. Le soir, nous mangeons un applestrudel à la
vanille succulent dans un des nombreux restaurants de cette ville touristique.

Jour 5 :
Melk-Zwentendorf ( 73kms)

Une très jolie piste cyclable dans la jolie vallée de la
Wachau, avec ses vignobles, ses petits villages et ses abricotiers. Après
Krems, nous suivons la digue rectiligne de façon plus monotone, et ne sommes
pas mécontents d’arriver enfin au camping municipal de Zwentendorf. Nous ne
paierons pas la nuit, c’est dimanche et il n’y a personne à l’accueil.

Jour 6
Zwentendorf-Wien (70 kms)

Encore une grosse journée de vélo sous la chaleur. Nous
avons aimé longer la jolie ville de Tulln le long du Danube (toilettes
impeccables !), et l’accès très facile pour Vienne. Dans Vienne, nous
avons eu un moment d’incertitude sur le trajet à adopter au moment de se rendre
dans notre auberge de jeunesse (Do step Inn) près de Westbanhoff. Heureusement,
Marcellin trouve un accès wifi et utilise le GPS sur son téléphone, car nous
n’avons pas de plan papier de la ville, et cela résout le problème !

Jour 7 Vienne

L’auberge de jeunesse est très bien, nous y faisons une
lessive et posons pour deux jours le vélo, le temps de voir à pied les
merveilles de la ville : le palais de Schönbrun, le Hofburg (la nuit,
c’est encore plus beau) , le nachtmarket, le Graben et la cathédrale Ste
Etienne en particulier. 

Jour 8
Vienne-Bratislava (Slovaquie)

On ne vous le cache pas, on a fait cette partie en
train depuis la gare centrale de Vienne, qui dispose d’un ascenseur pour
les vélos. De toute façon, il pleut fort toute la journée, et on a du
raccompagner Mathilde à l’aéroport entre temps. L’arrivée à Bratislava en vélo
est un peu stressante, il faut gravir plusieurs ascenseurs avec les sacoches et
nos montures. Puis sortis de la gare, il n’y a plus vraiment de piste cyclable,
mais des pavés, des trottoirs sans « bateaux », et des lignes de
tramways partout, dont certains datent de l’époque communiste. Par chance,
l’auberge de jeunesse est bien (Mansard Hotel). Bratislava nous parait toute
petite, comparé à Vienne. 

Jour 9
Bratislava-Györ 85kms

“Jo Napod ! “(bonjour) remplace désormais le
« Guten Morgen », et le Danube n’est plus le Donau mais le Dunaj en
Solvaque et Duna en Hongrois. Une fois sortis de Bratislava, nous avons choisi
de continuer côté hongrois, en passant par les petits villages (Raka), où nous
apercevons nos premières cigognes. Il faut maintenant payer en forint. Le
fléchage de l’Eurovélo n’est pas toujours très bon, comparé à l’Autriche, mais
nous avons un guide détaillé (tome 3 du Biketrail Vienna-Budapest) pour nous
aider. Comme le jour suivant, nous ne verrons quasiment pas le Danube
aujourd’hui. Il y a beaucoup moins de cyclistes sur cette portion, nous sommes
souvent tous seuls et la piste passe par des endroits plus sauvages. Le vent
nous pousse dans le dos agréablement. Le camping de Gyor est tenu par un vieux
monsieur qui a quelques emplacements dans son jardin (56 hebertsa ul) et qui
parle à peine anglais. La place centrale de Györ est une merveille, une belle
découverte de ce voyage. La nuit tombe tôt et le froid aussi, nos duvets 15°C sont un
peu limites.

Jour 10 Györ-Komarom
(62kms)

Les chemins sont moins praticables, en terre, à travers
champs et sous-bois. Heureusement, les thermes chauds extérieurs du camping de
Komarom sont une bonne compensation et nous délassent agréablement. Comme
partout en Hongrie, tout est écrit en hongrois et allemand, ce qui ne nous aide
pas beaucoup.

Jour 11
Komarom-Nagymaros (Visegrad) 89 kms

Les vingt kilomètres après Komarno côté slovaque, sur la
digue, sont impeccables.  Après, la piste
se corse avec une portion partagée avec les voitures et des kilomètres de digue
sur gravier, où nous ne croisons pas un chat. 60 kms plus loin, nous ne sommes
pas fâchés d’atteindre Eztergom, surnommée quelquefois la « Rome
hongroise ». Là,  nous repassons en
Hongrie définitivement, en faisant une pause pour visiter la cathédrale. Après
encore un mauvais tronçon de route, les vingt derniers kilomètres avant
d’arriver à Nagymaros sont les plus beaux de la journée, avec des maisons
somptueuses dans leur écrin de verdure… et nous avons retrouvé les bords du
Danube, traversé trois fois aujourd’hui, de façon plus visibles. Le camping de
Nagymaros jouit d’une vue imprenable sur le château de Visegrad en face.
Attention toutefois aux moustiques.

Jour 12 Nagymaros-
Budapest
(68 kms)

Après avoir échangé avec une famille de cyclistes français,
nous repartons affronter notre dernière journée de vélo sous la chaleur. C’est
Dimanche, la piste cyclable, pas toujours en très bon état, est très fréquentée
par les habitants de Budapest, et nous devons être vigilants car ils vont
quelquefois très vite. A Szentendre, les touristes envahissent le village et
nous font fuir. A l’approche de Budapest, nous devons louvoyer autour des
piétons venus profiter des rives du Danube et de ses marchands de glace (les
Hongrois adorent les glaces, nous n’en avons jamais vu autant !), mais
aussi nous frayer un passage au milieu des milliers de jeunes qui se rendent  au festival de rock Sziget. Après une
traversée de Budapest assez facile, grâce à la grande piste cyclable qui
traverse l’île de Margrit et Buda, nous arrivons au camping de Heller. Mais il
est bondé, et notre emplacement est minuscule, sur la terre battue. Nous n’y dormirons
qu’une nuit, après avoir fait une lessive, préférant  nous rabattre sur un appart’hôtel près du
métro Corvin-Negyed, le corvin point, avec une cour centrale pour mettre nos vélos.

Jour 13 et 14 Visite
de Budapest
. C’est très facile, grâce à la carte famille, tous les
transports sont accessibles, et notamment le tramway et le métro. Les lieux que
nous avons préféré : la visite guidée de la synagogue la plus grande
d’Europe, et du Parlement, sans oublier la photo nocturne, et l’église St
Matthias. Nous avons moins aimé le musée du château royal, pas indispensable,
et les thermes de Shenyeni, que nous avons trouvé chers, même si c’était une
façon de voir les JO les pieds dans l’eau, sur écran géant ! Pour finir,
un restaurant familial et tout petit qu’on vous conseille côté Buda: le
Toldikonhyaja, Batthyany u 14.

J15 : Retour
en train depuis Budapest
à Vienne avec vélos et sacoches dans le
compartiment vélo, puis de Vienne à Linz, et de Linz à Passau (réserver à
l’avance est conseillé). Un peu sportif pour hisser tout l’équipement du train
au quai, prévoir un laps de temps d’un quart d’heure au moins à chaque fois.
Nous avons raté un des trains pour cette raison, ce qui nous a obligé à
attendre deux heures de plus à Linz. Ensuite, nous avons récupéré sans problème
notre voiture laissée au parking de la gare de Passau (60 euros les 15 jours),
et repris la route de la France en regrettant les viennoiseries et autres
douceurs d’Europe centrale. Total parcouru en vélo : environ 678 kms.

VOYAGE AU QUEBEC DU 12 JUILLET AU 8 AOUT 2015


Cet été, notre échange de maison nous a conduit au Québec, plus précisément dans les Laurentides, dans un petit paradis incroyablement perdu qui s’appelle la Minerve, à côté du lac Désert. L’occasion aussi de faire deux petits parcours à vélo en famille, que nous vous conseillons :

Le petit train du Nord est une piste cyclable très connue au Québec qui reprend le tracé d’une ancienne ligne de voie ferrée. Nous l’avons empruntée sur trois jours depuis Labelle jusqu’à Mont Laurier, en faisant une pause au camping « le Boisé » de Nominingue. Au retour, nous nous sommes arrêtés au camping « Manitou » de Val Barette en faisant un petit détour.

Un total d’environ 200 kms en partant de la Minerve, et dès que nous sortions de la piste cyclable des belles montées… Ce doit être bien sympa à faire sur une semaine, mais nous n’avions pas les vélos adaptés, donc nous étions soulagés de revenir ! On vous conseille aussi la journée de kayak/paddle à Labelle sur la rivière rouge avec des adolescents, surtout quand il fait beau car on peut s’y baigner.

De Quebec Eté 2015

Pour plus d’information, on vous conseille les deux liens suivants:

La véloroute des Bleuets autour du lac Saint Jean est aussi une façon plaisante de faire du vélo en famille. Il suffit de récupérer des cartes détaillées à Alma, dans la maison du vélo, et de louer des bicyclettes à Equinoxe à Alma. Nous n’avons pas été déçus par ces vélos, (de marque Vinci fabriqués au Québec) et de bonne qualité, même si on aurait préféré avoir le kit de réparation fourni en plus. Nous avons apporté nos 6 sacs de vélo Vaude depuis la France, d’ailleurs ils ont été l’objet de grande curiosité là bas. Voilà le détail de ces cinq jours de vélo, souvent marqués par des orages malheureusement (prévoir une bonne cape de pluie et des sacs étanches) et quelques incidents techniques:

De Quebec Eté 2015
De Quebec Eté 2015

J1 Alma-Ste Monique : (environ 60 km) . Si les premiers 30 kilomètres n’ont pas beaucoup d’intérêt (grande route), nous apprécions beaucoup le détour par la pointe du Taillon, qui est une piste cyclable de toute beauté à travers la forêt de bouleaux, entre les lacs à castors, et le long du lac. Il y a même une plage pour ceux qui voudraient se baigner, même si le temps ne s’y prête guère. Nous goutons nos premières myrtilles appelées ici bleuets, et admirons la couleur des champignons et des fougères. Nuit au camping de Ste Monique, sous la pluie, heureusement il y a une salle commune pour jouer au ping pong et manger au sec.

J2 Ste Monique-Dolbeau Mistassini (environ 55 kms): nous longeons de magnifiques passerelles en bois sur le lac Saint-Jean, et goutons aux spécialités locales dans un restaurant à Péribonka, le « pays » de Maria Chapdelaine : une soupe à la gourgane (fèves), une croustade de viande et une tarte aux bleuets. L’après-midi vers Dolbeau Mistassini est très plaisant, nous passons par des routes tranquilles à côté des fermes et des champs de céréales, et finissons par une piste cyclable qui mène directement au camping de Dolbeau Mistassini en bordure de spectaculaires chutes d’eau.

J3 Dolbeau-St Félicien (110 kms mais on peut faire moins !) : Départ à 8h30, plus motivés que jamais. Du coup, sur l’insistance d’Alice qui trouve que ce n’est pas assez sportif, on se rajoute une belle boucle de 44 kms de Girardville à Albanel plus au Nord sur une piste cyclable dans la forêt boréale de bouleaux et d’épinette blanc et noir. Bien nous en a pris, c’est notre partie préférée, car des bleuets à perte de vue et délicieux en plus ! Bon d’accord, on a aussi essuyé une perte de boulon du vélo de Tom, et un bel orage, un de plus. Mais il y a des avantages à ce mauvais temps : on fait des rencontres avec d’autres cyclistes quand on rencontre des abris en bois, répartis un peu partout sur la véloroute des bleuets. L’occasion de faire la causette avec les Québequois, qui en général adorent la France et le tour de France. C’est comme cela qu’on s’est fait inviter deux fois à prendre le café. Sympa, non ? La fin de la journée vire quand même à la bérézina, après un trajet sur route fréquentée par des camions de grume énormes qui nous déséquilibrent presque, Marcellin crève une nouvelle fois, et n’a pas le matériel adéquat pour réparer. Il en est réduit à faire du stop, heureusement une bonne âme en pick up charge Marcellin et le vélo, et nous les retrouvons un peu plus loin, finissant de réparer la bête. Les derniers kilomètres sont quand même durs car on est bien fatigués, et on a l’impression que le camping de St Félicien n’arrivera jamais ! A 19h, on pose enfin le pied par terre, après un arrêt ravitaillement, quelle journée !

J4 St Félicien-Val Jalbert (40 kms) Journée de récupération, avec la visite du magnifique zoo de St Félicien qui vaut vraiment le coup d’œil, avec son train grillagé qui circule au milieu des orignaux, ours et autres wapitis. L’après-midi, nous enfilons les kilomètres, malgré une nouvelle crevaison de Marcellin (heureusement qu’il y a un Intersports à St Félicien pour changer la roue) et une trombe d’eau qui nous tombe dessus sans crier gare. Le camping rustique de Val Jalbert a son charme, on est vraiment tous seuls, mais difficile de faire sécher nos chaussures et nos chaussettes…

J5 Val Jalbert-Alma (60 kms). Malgré un matin pluvieux, nous visitons le site historique de Val Jalbert , un village fantôme du XIXe siècle qui a été reconstruit autour de l’ancienne usine à bois. Même l’école a été recrée pour l’occasion, et nous nous glissons dans la peau des élèves de l’époque, c’est très drôle. Mais nous ne pouvons nous attarder, il nous reste encore à pédaler 60 kms pour rendre les vélos avant 18h à Alma. Finalement, ce sera chose faite vers 16h, malgré le vent en face. La piste cyclable nous a donné un beau point de vue sur le lac aujourd’hui, ce qui n’a pas été beaucoup le cas finalement. Nous sommes ravis de notre ballade.

Pour plus d’information, on vous conseille les deux liens suivants:

Une idée de cadeau pour Noël, le récit de notre tour du monde en famille

Pour rappel, dans la foulée de notre tour du monde, nous avions envie de prolonger ce rêve et de nous lancer dans une nouvelle aventure: l’auto-édition, c’est à dire l’écriture, la production d’un livre et sa distribution. 

« Un an pour découvrir le monde » est ainsi devenu disponible, avec une jolie photo de couverture de nous devant le volcan Tongariro en Nouvelle Zelande.

Sur les 1000 exemplaires produits, il nous en reste seulement une petite
centaine en stock. Alors n’hésitez pas à nous contacter, pour venir
l’offrir à vos proches ou à vos amis pour les fêtes de fin d’année.

En 256 pages, nous y racontons nos rencontres, nos impression, nos anecdotes et surtout celles des enfants, et 48 pages photos viennent illustrer en image cette belle aventure. Cliquer sur ce lien pour avoir accès à un extrait au format PDF.

Comment acheter notre livre?

  • 1ère solution: si vous avez l’occasion de nous rencontrer au travail ou le week-end sur Toulouse, nous pouvons vous le remettre directement. Pour cela, simplement nous envoyer un mail.
  • 2ème solution: vous pouvez nous écrire en complétant le bon de commande.
  • 3ème solution: vous pouvez passer la commande directement sur  PAYPAL




MEXIQUE – GUATEMALA –BELIZE mars 2014

Cette année, notre choix de vacances a porté sur une destination que nous avions hésité à inclure dans notre tour du monde, tant elle nous semblait séduisante : l’Amérique centrale, et en particulier, le voyage autour du monde maya. Qui n’a pas rêvé en contemplant ces pyramides perdues dans la jungle, sur les livres  d’enfants ? Cette fois encore, nous partons en famille, c’est plus cher, mais nous nous entasserons dans la même chambre pendant les deux semaines de vacances…

De Mexique-Guatemala

Nous avons donc repris nos deux increvables bagages à roulettes, destination Cancun au Mexique, via Miami, tout comme plusieurs millions de Nord américains  fuyant les températures négatives. Fidèles à un moyen de transport collectif, nous avons aussi fait le choix de prendre le bus, pour pouvoir plus facilement se rendre ensuite au Guatemala et au Belize, avant de revenir finir notre voyage à Tulum, non loin de Cancun. 

De Mexique-Guatemala

Voilà le bilan de ce périple itinérant, quinze jours après, et quelques photos qui essaient de résumer ce superbe voyage.

NOS COUPS DE CŒUR : 

1)Les pyramides mayas (cette civilisation a connu son apogée vers 800) vraiment incroyables. Nous les avons découvertes progressivement, en commençant par  la plus touristique : Chichen Itza (Nord du Yucatan), très, très fréquentée que l’on ne peut escalader mais très photogénique. Pour corser le tout, on a retrouvé les squelettes de 70 personnes dans le puits d’eau le plus proche, et des bas-reliefs suggestifs de têtes de morts et de sacrifices humains montrent que les mayas ne plaisantaient pas. 

De Mexique-Guatemala
De Mexique-Guatemala

Palenque (sud du Yucatan) ensuite, beaucoup plus dans la jungle et avec en plus des singes hurleurs qui vous donnent des frissons dans le dos. Là, les pyramides sont plus nombreuses et on peut grimper sur nombre d’entre elles, pour la plus grande joie de Tom que nous « perdions » régulièrement. En arrivant à l’ouverture,  on est plus tranquille et relativement épargnés par la grosse chaleur qui nous tombe dessus sur le coup de midi. Comme les Egyptiens, bon nombre de pyramides servaient de tombeaux aux rois, enterrés dans des sarcophages pesant des tonnes. 

De Mexique-Guatemala

Mais le site le plus remarquable est bien Tikal au Guatemala. Il faut marcher 25 minutes dans la jungle avant de tomber sur une place de plusieurs pyramides, qui renvoient l’écho des perroquets.  Les monuments sont vertigineux de verticalité, on est tout seul ou presque…Voilà une juste récompense, après une journée de voyage en bus, un passage en pirogue, et 4H de piste défoncée dans un véhicule ( perméable à la  poussière et à la pluie !) pour franchir la frontière du Mexique au Guatemala. Outre les oiseaux, nous voyons également des singes araignées, des arbres gigantesques (les ceibas, les arbres sacrés des mayas), des coatis, et des dindons très colorés. Le site est gigantesque, nous mettrons 4 h à en faire le tour, en grimpant et descendant les monuments, dont le plus haut fait 74 mètres de haut, dominant la canopée. Heureusement qu’un escalier en bois a été aménagé, car beaucoup de pyramides ne sont pas entièrement dégagées, rendant l’ascension périlleuse sinon impossible.  Des touristes sont morts à Tikal peut-on lire dans le guide. Nous voilà prévenus…Nous retrouvons aussi les chemins impeccablement dégagés sur plusieurs dizaines de mètres des fourmis découpeuses de feuille, qui nous avaient tant fascinées pendant notre périple en Amérique latine.  

De Mexique-Guatemala

2)La grande barrière de corail du Bélize, la deuxième plus grande barrière de corail au monde après l’Australie. Dans l’île de Caye Caulker, peuplée majoritairement de noirs, on y parle anglais, et les voitures n’existent pas. N’allez pas y chercher de plages, il n’y en a pas. Mais à 25 minutes du port en bâteau à moteur, existent deux parcs naturels aquatiques extraordinaires, protégés par l’UNESCO : en suivant notre guide, équipés d’un masque et d’un tuba, nous y découvrons des poissons énormes (dont des barracudas et des murènes), des raies d’un mètre de diamètre, des tortues mangeant des algues, des coraux violets et oranges…grâce à notre super guide, nous caressons des raies et tenons même dans nos bras un énorme requin d’un mètre cinquante (pas dangereux semble-t-il). Deux regrets ce jour-là : ne pas avoir un appareil photo sous-marin, et une crème solaire pas assez épaisse pour protéger nos postérieurs et mollets du soleil tropical, alors que nous sommes restés trois heures dans l’eau (à 30°C). Résultat, de beaux coups de soleil !

De Mexique-Guatemala

3)Faire du masque et tuba dans les « cenotes » : ce sont ces nombreux trous d’eau dans le Yucatan, souvent sous des grottes,  où on peut se rafraichir et jouir d’une eau incroyablement limpide et fraiche (20°C). Dans le cenote « dos ojos » près de Tulum, nous frôlons des stalagmites aquatiques et des petits poissons, le spectacle à travers notre masque est inattendu et irréel. 

De Mexique-Guatemala

4)Mais aussi : les maisons coloniales de Valladolid, la très belle plage de sable blanc de Tulum (Mexique) où les enfants ont pu faire du « bodyboard », se baigner dans la lagune de Florès, près de Tikal (Guatémala), manger dans des petits restaurants mexicains typiques des quesadillas, les rires et sourires des Mexicains et guatémaltèques, les beaux gosses de Miami Beach…

De Mexique-Guatemala

NOUS AVONS MOINS AIME ….

LES BUS :

Les prix des bus mexicains : prendre la voiture aurait pu être plus rentable finalement, en famille…Marcellin n’a pas aimé perdre du temps à attendre les bus, et nous avons trouvé certains trajets longs. Je suis décidément malade en bateau (Anne)

LES PASSAGES DE FRONTIERES :

Il faut souvent payer aux passages de frontières, et quand on multiplie tout par quatre, cela devient finalement onéreux : pour sortir du Mexique (cher), entrer au Guatémala (somme modique), sortir du Bélize (cher), et aussi rentrer au Mexique de nouveau (cher)

LE LONG VOYAGE  EN AVION : Toulouse-Madrid-Miami-Cancun avec 9h d’escale à Miami, nous éviterons dorénavant, pour privilégier des vols plus directs. 

LE BUDGET : forcément assez cher, on ne vous dira pas combien.

De la Manche à la Garonne à vélo

Pédaler près de 1300 kms en trois semaines, avec nos deux
enfants de 11 et 14 ans, tel est le nouveau défi que nous nous sommes fixés cet
été 2013. Pure folie ? Pas forcément, car nous avons emprunté majoritairement
des pistes cyclables ou des véloroutes bien fléchées. Pour ceux qui auraient l’idée
de faire la même chose, voilà les différentes étapes de ce parcours, achevé il
y a quelques jours.

De 2013-07-velocean-photos

J1 : Gouville
sur Mer-Jullouville
(56 kms) Départ de la Manche, après avoir déposé notre
voiture chez Papi et Mamie.  

J2 :
Jullouville-Mont St Michel
 (66
kms) : la Normandie, ce n’est pas plat ! Mais quel bonheur de
découvrir le Mont le soir après 18h, on peut y aller en vélo sans
emprunter la navette.

Jour 3 :
Mont-St Michel- Betton sur le canal de la rance
(71 kms) en Bretagne :
l’étape la plus dure, des montées et descentes. Dans quelle galère on
s’embarque,  se demandent les enfants…Heureusement,
ce soir, c’est pizza avec Alexys et Valérie (du réseau de cyclistes
warmshowers)

Jour 4 :
Betton-Bourg des Comtes
(45 kms) : étape facile le long du canal.
Merci à Jérôme et Delphine, une famille de futurs tourdemondistes, de nous
prêter leur accueil pour ce soir.

Jour 5 : Bourg
des Comtes-Redon
(62kms) : il pleut, il pleut ! Mais la crêperie
de Guippry Messac nous réconforte.  Ce
soir, c’est Coralie et Laurent qui nous hébergent et nous découvrons
émerveillés leurs créations. (http://www.colorant14.net/)

Jour 6 :
Redon-Pornichet
  (71 kms) : dur,
dur le vent en face. Longue étape.

J7 : Journée
de pause à Pornichet avec nos amis, ouf

J8 :
Pornichet-Pornic
  (56 kms) : leçon du jour : NE JAMAIS
PASSER LE PONT DE SAINT NAZAIRE A VELO QUAND IL Y A BEAUCOUP DE VENT. Nous
sommes hébergés par nos amis de la Fraiseraie, rencontrés pendant le tour du
monde.

J9 :
Pornic-Noirmoutier
(76 kms) : on aime l’Eurovélo 1, qui va nous
accompagner jusqu’à Lacanau en Gironde. La traversée du Goix s’impose, même s’il
y a beaucoup de voitures.

J10 :
Noirmoutiers-Saint Gilles Croix de vie
(51 kms) : que du bonheur dans
les pins

J11 : St Gilles
Croix de Vie-Jard sur mer
 ( 63 kms) : 
partie très agréable et très jolie, avec la baignade aux Sables
d’Olonne.  On aime la Vendée et ses
belles pistes cyclables!

J12 Jard sur
mer-Esnandes (Charente Maritimes
) (75 kms) : une vingtaine de Kms dans
les pins, puis des champs de blé.

J13
Esnandes-Rochefort
 : 56 kms. Cela vaut le coup de découvrir la Rochelle,
l’Hermione à Rochefort, et le camping municipal de Rochefort est le moins cher
de tout le parcours !

J14 :
Rochefort-Saint-Palais sur mer
(65 kms) : on a aimé le transbordeur de
Rochefort, les oiseaux (cigognes !) des marais de Marennes, les pins et
plage de la Palmyre.

J15 : Jour
de repos à Saint-Palais.

J16 Saint-Palais –
Hourtin plage
(64 kms) : On retrouve la pluie après avoir passé très
facilement la Gironde sur le bac entre Royan et le Verdon. Encore de belles
pistes cyclables dans la forêt. La leçon du jour : NE JAMAIS LAISSER LES
VETEMENTS DANS UNE SECHEUSE DE CAMPING (cinq étoiles) SANS SURVEILLANCE. On
s’est fait voler la moitié de nos vêtements…

J17 Hourtin-Lacanau
(40kms) : Encore de magnifiques pistes cyclables au milieu des pins et des
cigales, mais qui a dit que les Landes étaient plates ?

J18 Lacanau-Bordeaux 
(67 kms) : On quitte l’Eurovélo 1 pour une piste cyclable rectiligne. Le
camping international de Bordeaux est un peu dur à trouver.

J19 Bordeaux-La Réole
(85 kms) : c’est magique de longer les quais de Bordeaux sous le soleil.
La piste Bordeaux-Sauveterre est très chouette. 
Mais la partie Sauveterre-la Réole est plus dure (15 kms).  Bon camping à la Réole, simple et pas cher.

J20 : la
Réole-Sérignac
  (70 kms) : la
plus grande partie du canal de l’entre deux mers est ombragée. Nous dormons à
l’aire naturelle de camping gratuite de Sérignac, à deux pas du canal. Mais
nous seront dérangés le soir par les joyeux pétanqueurs sérignacais.

J21 :
Sérignac-Moissac
(71 kms) :   à
voir le pont canal d’Agen, et celui de Moissac. Le camping de Moissac est sympa
(piscine)

J22 :
Moissac-Fonsorbes
(94 kms, notre record !) Moissac-Toulouse  n’est pas la plus jolie partie du canal. Mais
quelle joie d’arriver enfin dans  un bon
lit silencieux ! 

Le bilan

Les plus Les moins
  • Environ 1300 kms dont 90% de pistes cyclables, c’est très faisable en trois semaines, même avec des enfants de 11 et 14 ans. Du moment qu’il y a des compensations (nourriture et boissons, piscine)
  • Campings avec douches et piscines bien souvent, raison pour laquelle nous n’avons pas bivouaqué.
  • Les rencontres, notamment chez les « warmshowers » peuvent être providentielles, en particulier quand il pleut.
  • Une tablette peut servir, dans laquelle on aura pris soin de télécharger quelques cartes utiles (Normandie, Bretagne).
  • Les campings se sont révélés bruyants dans l’ensemble en plein été. Arriver avant 17h dans les endroits touristiques en plein été.
  • On était trop chargés, avec nos dix sacoches : une seule paire de chaussures (ou sandales) suffirait, et seulement un poncho de pluie par personne.
  • C’est un peu fastidieux de faire les courses tous les jours, voire deux fois par jour pour des problèmes de réfrigération en été.
  • Prendre un réchaud à gaz de bonne qualité, avec la bonne recharge. Nous comptions un peu sur notre réchaud à bois, mais c’est interdit en été dans les campings en France.
  • Ne pas sous-estimer les distances. Nos calculs étaient régulièrement 10 kms en dessous de la réalité quotidienne.

Faire l’école en voyage (un an)

Les contraintes
administratives
 : avec des enfants de primaire, la difficulté n’est
pas insurmontable. L’instruction est obligatoire, mais pas forcément l’école. Il
suffit d’envoyer une lettre au maire et à l’inspecteur académique quelques mois
avant pour préciser les raisons et les dates à partir desquelles l’enfant n’ira
plus à l’école. Vous recevez ensuite un courrier des autorités éducatives
rappelant que vous encourez les foudres éducatives (forte amende et même peine
de prison !) si vous n’éduquez pas votre enfant. Dans notre cas, nous
avons reçu un courrier de l’inspecteur demandant un rendez-vous à votre retour pour
valider le travail fait par l’enfant pendant cette année sabbatique, pour lui
permettre d’aller dans la classe supérieure. Les familles qui voyagent
seulement six mois n’ont pas forcément cette contrainte, surtout si le voyage
se termine avant la fin de l’année scolaire, auquel cas l’enfant peut
réintégrer sa classe, ce qui est bien pratique. Enfin, dans notre cas, une
assistante sociale est venue à notre domicile vérifier les raisons de la déscolarisation
des enfants.

Le matériel scolaire :
quand on veut voyager léger comme nous, on ne peut se permettre de prendre
des cours par correspondance. Le CNED impose 10 kg en plus de matériel
scolaire, et le renvoi régulier des devoirs. Difficile à concilier avec le
nomadisme en transports en commun, ou en vélo. Plus facile en camping-car et en
voilier.  Comme les enfants n’étaient pas
encore au collège, nous avons seulement pris des cahiers d’exercice (cahiers du
jour et du soir) en maths et français, ainsi que le programme pour le CE1 et
CM2.  Donc, non, le CNED n’est pas
obligatoire.

Le rythme scolaire :
nous avions décidé de travailler une heure par jour quoiqu’il arrive, 365
jours. Quand nous ne pouvions vraiment pas faire autrement, nous rattrapions
les jours suivants. On ne vous cache pas que cela a été le plus dur du voyage :
démotivation des enfants quand on travaillait face à la plage, dans une
ambiance de vacances. Bruit et déconcentration pour le plus jeune, avec le
problème de l’absence de table pour travailler quelquefois. Alors, oui, même si
nous avons eu l’impression de couvrir à peu près les principaux points, la
mémorisation du plus jeune n’était pas optimale et je constatais avec horreur
qu’il oubliait au fur et à mesure. Pour la grande qui avait un excellent niveau
en partant, la rédaction du carnet de voyage une fois par semaine était un
incontournable, à côté de ses exercices.

Le bilan : Difficile
de généraliser selon les enfants. L’examen des inspecteurs s’est bien passé. Dans
notre cas, le voyage n’a pas réellement changé ce qui existait avant le départ :
Tom a gardé ses lacunes en calcul, qu’il a ensuite comblées l’année suivante. Par
contre il a lu beaucoup plus ! Quant à sa sœur, elle a sauté une classe en
revenant, preuve que ce voyage ne l’avait pas pénalisée.