Voyages, vélos, tour du monde

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Voyages à Vélo


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vendredi, octobre 23 2020

Pirinexus et la Catalogne en 6 jours à vélo

Du 17 au 23 octobre 2020, nous avons eu du soleil tous les jours.

Samedi 17 octobre.  Amélie les Bains-Maureillas ( 20 kms). 
Dépôt de la voiture à Amélie les Bains, pour vingt kilomètres « pour se faire les jambes » sur notre premier tronçon de voie verte, avant Maureillas.  Nous dormons à l’Auberge du chêne, le restaurant  familial à côté est tenu par un ancien antiquaire et ne manque pas de charme. En revanche, nous apprenons que tous les restaurants et bars sont fermés pour quinze jours en Catalogne à cause du coronavirus. Or nous n’avons pris ni tente ni réchaud pour nous alléger. Devrons nous renoncer à notre projet si près de la frontière ?
Dimanche 18 octobre. Maureillas-San Pere Pescadore  (76km).
 Finalement, nous décidons de continuer quand même notre périple en Espagne, il faudra juste réserver les hôtels la veille pour être sûrs d’avoir de quoi dormir et dîner. La montée sur l’étroite route qui conduit au col de Panissar est magnifique, avec la vue sur le Canigou. Nous passons au milieu des chênes liège, en nous faisons doubler par de nombreux cyclotouristes.  En haut c’est intéressant de visiter les ruines romaines et le fort de Bellegarde qui surplombe le col. Nous basculons côté espagnol vers la Jonquera, et là, le chemin empierré comme un chemin de randonnée montagneux se fait beaucoup plus abrupt.  Marcellin m’aide à gravir certains passages difficiles avec mon vélo chargé, parce que j’ai des chaussures qui glissent. Je commence à me demander dans quelle galère je me suis embarquée ! Après la Jonquera, nouvelle montée raide sur un chemin en terre, ce sera à pied pour moi. Le paysage change et les champs d’olivier se parsèment de mégalithes, nous cheminons à présent tranquillement sur des chemins agricoles le long  des rangées de pommiers et des vignobles. Les villages sont déserts, quelques rares habitants masqués traversent la rue. Partout visible en revanche sur les routes et les monuments, la boucle jaune du parti indépendantiste catalan.  En cette fin de journée, nous pédalons contre le vent qui s’est levé, et arrivons à Sant Pere Pescadore les pieds mouillés, à cause des nombreuses traversées de routes inondables entre les roseaux.  La mer est agitée, les kytes surfs s’en donnent à cœur joie. Le dîner au Mas del Jonclar est un régal, je me remets avec joie à l’espagnol.
Lundi 19 octobre. San Pere Pescadore-Platja de Aro (71kms) 
Après une nuit incroyablement reposante au Mas del Jonclar, et un solide petit déjeuner, nous voilà repartis vers le sud, avec le vent qui forcit. Les champs de pommiers se succèdent, nous continuons sur les chemins agricoles dont certains sont un peu difficiles à cause des grosses pierres, mais jamais pour très longtemps heureusement.  Peu d’hôtels sont ouverts  à Platja de Aro, nous avons réservé au luxueux St Jorge Park Hotel qui a aussi l’avantage de donner sur le magnifique sentier littoral dont nous profitons en fin d’après-midi.
Mardi 20 octobre. Platja de Aro-Anglès 75 kms
Après un dernier coup d’œil à la mer, nous lui tournons le dos pour remonter vers Gérone (photo ci-dessous) depuis Le Tinglado, le port de Sant Feliu de Guixols. L’avantage, c’est que nous avons désormais le vent derrière nous, il fait toujours aussi bon, plus de vingt degrés. Contrairement aux jours précédents, il s’agit à présent d’une voie verte en bon état, où nous cheminons sans effort jusqu’à Gérone à l’écart des voitures. Après une grimpette pour aller voir l’imposante cathédrale, nous quittons la ville facilement le long des jardins, des nombreux platanes et de la rivière. Notre hôtel à Anglès est simple, mais nous y dînons très bien.
Mercredi 21 octobre : Anglès-Sant Joan de les Abadasses (65kms)
La journée commence par une montée régulière sur 30 kms dans la forêt, le long de ce qui était l’ancienne voie ferrée, nous croisons d’ailleurs des anciennes gares à tous les villages. Nous sommes étonnés par les pierres volcaniques d’Olot en arrivant dans la ville. Nous avons déjà 40 kilomètres dans les pattes quand nous attaquons la route qui va vers le col de Coubet (1010m), il fait chaud et nous suons à grosses gouttes. La redescente dans les couleurs d’automne jusqu’à Sant Joan de les Abadasses nous enchante. Ce village historique a beaucoup de charme, et nous aimons franchir son vieux pont en pierre (voir photo), admirer ses églises romanes et sa cascade à vingt minutes du centre.  Nous dormons dans l’hôtelet, très bien situé, et nous commandons une pizza pour le soir. 
Jeudi 22 octobre : Sant Joan de les Abadasses-Prats del Mollo (49 kms)
Le chemin qui continue après Sant Joan est ardu : après Bastillas, il vaut mieux regagner la route, plutôt que de s’engager sur le GR, absolument pas fait pour des vélos. Heureusement, la suite s’annonce meilleure et la montée de 14 km vers le col d’Arès à partir du joli village de Comprodon (encore un superbe pont en pierre ! voir photo) se fait sans grande difficulté (5% de dénivelé) au milieu des pâturages.  Nous ne nous attardons pas en haut, préférant descendre avant l’arrivée prévue du mauvais temps, il faut se couvrir avant la descente en lacets entre les châtaigniers dorés. Cette redescente est aussi longue que la montée, jusqu’à Prats del Mollo, avec un dénivelé plus important côté français (8%). On est contents de l’avoir fait dans le bon sens ! Nous avons une pensée pour les 100 000 républicains qui ont fui l’Espagne franquiste  en passant par ce même col en plein hiver 1939 lors de la Retirada.  Après avoir visité l’ancienne cité royale de Prats del Mollo et sa citadelle, nous dormons à la chambre d’hôtes Mauro , et dînons dans le délicieux restaurant « le temps des cerises » : il faut impérativement réserver, mais nous passons un très bon moment avec les propriétaires,  Serge et Micheline, grand passionnés de cuisine et de voyages. 
Vendredi 23 octobre Prats del Mollo-Amélie les Bains (20 kms de descente !) 
Retour à la voiture par la route. Déjà ! On aurait bien continué…
Pour plus d'information, le site internet https://www.viesverdes.cat/fr/ est très détaillé. On peut notamment télécharger le tracé GPS au format GPX et aussi le livret de 50 pages donnant toutes les étapes.

dimanche, août 11 2019

L’Arménie en vélo sur trois semaines-été 2019

  • Petit rappel : l’Arménie est une République parlementaire grande comme la Belgique, dont les frontières ont été fixées en 1920 selon un traité imposé par la Turquie ( il ne comprend pas le territoire du Haut Karabakh qui se trouve en Azerbaidjan et qui est majoritairement peuplé d’Arméniens). L’Arménie compte 3 millions d’habitants, sans compter les 4,5millions d’Arméniens qui vivent en dehors du pays (diaspora). Ce pays est enclavé entre l’Azerbaidjan et la Turquie, pays avec lesquels elle est toujours en conflit, et la Géorgie et l’Iran au Nord et au Sud avec lesquels les infrastructures routières sont peu développées. Le principal partenaire commercial est la Russie, même si elle a des liens avec l’OTAN, et aussi la France, car elle est membre de la Francophonie. Historiquement, l’Arménie a souvent été envahie, à cause de sa situation de carrefour entre l’Iran, la Turquie, et la Russie. Elle a aussi été victime du génocide de 1915 dans l’Empire Ottoman, qui a fait plus de 1.5 million de victimes, mais aussi de plusieurs tremblements de terre dont celui de 1988 qui a ravagé la deuxième ville du pays Gyumri.
  • Pourquoi choisir l’Arménie ? Nous avons profité de ce que notre grande fille faisait un stage à l’ambassade de France à Erevan pour venir la rejoindre. Pour la première partie de notre voyage, nous nous sommes largement inspirés du site très complet fait des « tsaga » (https://tsagaventure.com/transcaucasie/), qui nous a encouragé à prendre aussi nos trois vélos en soute, (Tom, notre grand adolescent de 17 ans était aussi du voyage) ce qui était une première pour nous.
  • Une destination exigeante qui nécessite de faire des choix. D’abord, l’été, il fait très chaud pour pédaler en Arménie, aussi avons-nous préféré explorer l’Arménie des hauteurs et du Nord pour rester entre 1500 et 2000 mètres le plus possible. Les premiers jours ont été une exception : plaine de Erevan, Khor Virap et Yeghednazor, mais c’est aussi là que nous avons le plus souffert des températures élevées (+36°c). Cela explique aussi notre choix de faire l’impasse sur le célèbre monastère de Tatev plus au sud. Ensuite, l’Arménie est un pays volcanique et montagneux, marqué par de nombreuses failles et canyons. Compte tenu du relief accidenté du pays, mais aussi de notre manque d’habitude à pédaler en montagne, nous avons aussi bien réfléchi à un itinéraire qui combinait montées et descentes avec modération, entre 500 et 700 mètres de dénivelé montant par jour, pour des étapes oscillant en général entre 40 et 65kms. A refaire nous ne changerions rien.

Notre parcours vélo :

  • J1. Erevan-Sevaberd - Akna lake (3000m) en jeep avec les vélos sur le toit, nous avons demandé les services de « One way travel » à Erevan, mais le capot de notre jeep fume, le véhicule a des problèmes de fuite de radiateur et n’arrivera pas jusqu’en haut, même en sacrifiant nos bouteilles d’eau. Nous ferons la suite à pied, heureusement, il ne reste que quelques kilomètres. Bivouac au pied du lac. 
  • J2. Akna Lake – Volcan Adzahak (12 kms) : Bivouac et ascension du volcan à 3500m. Un cheminement ardu à cause du dénivelé, mais surtout de l’altitude qui nous essouffle, des cailloux et rochers, ainsi que la neige, qui a nécessité un peu de portage vélo, nous avons fait presque tout à pied en poussant les vélos. Plus facile à pied qu’à vélo, mais nous avons rarement pédalé dans un site aussi magique, au milieu des fleurs violettes. Nécessite d’avoir maps me ou la trace GPX  avec ViewRanger car le sentier n’est pas indiqué.
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  • J3 : Adzahak-Goght (30 kms, 1400m de dénivelé en descente). Piste éprouvante pour les vélos, mais paysage très dépaysant, au milieu des troupeaux et des campements des yézidis. Nous ne nous sommes pas trop approchés, les chiens étaient dissuasifs ! Nous restons deux nuits au camping magnifique des 3S à Goght, et profitons de la piscine et de la cuisine irréprochable. Visite du superbe monastère de Geghard (photo) en fin de journée où nous testons le « gata » arménien, le gateau local.

 

  • J4 ( 20kms, 300m de dénivelé descente puis remontée) : Journée de pause, visite du temple hellinistique de Garni en vélo, à proximité. Nous renouons avec la chaleur.

 

  • J5 : Goght - Khor Virap (environ 45kms): depart très tôt à cause de la chaleur, premier col en montée, et longue pause dans le parc de la ville d’Artashat. L’occasion de regarder les parties de backgammon et de discuter avec les papys de la ville. Bivouac à Khor Virap, avec vue sur l’Ararat mais nous sommes dérangés par le vent et les moustiques et ne dormons pas beaucoup cette nuit-là. 

 

  • J6 : Khor Virap - Crossway camping (Getap) : pour aller plus vite, nous faisons du « camion stop » jusqu’à Areni. Dans la foulée, nous enchainons avec la dure montée vers le monastère de Noravank à l’heure chaude (+800m en 8kms) dans un paysage de canyon extraordinaire. Nous campons près de Getap au Crossway camping qui a la bonne idée d’avoir une piscine !
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  • J7 : Getap - Martouni  (65kms, +1300m/-500m de dénivelés). C’est la difficile journée de notre périple avec l’ascension du Selim Pass. Mais là encore les paysages sont grandioses et des gentilles arméniennes francophiles nous donnent plein de choses à manger avant le col. Nous sommes impressionnés par tant de générosité ! Nous dormons dans le Bed and Breakfast «  Green Gables » à Martouni, très bon accueil de notre hôtesse Satik Manouchian, même si le bâtiment n’est pas fini. 

 

  • J8 : Martouni-Sevan (65km) : une route un peu trop fréquentée à notre goût mais la température est plus clémente car nous sommes à 2000m et c’est quasiment plat. De petites chapelles jalonnent notre parcours, l’eau du lac a une couleur irréelle. Visite du monastère Hayravank. Nous dormons au Lavash Hotel avant Sevan, qui a une vue imprenable sur le lac, sa propre plage, et un excellent petit déjeuner.

 

  • J9 : Sevan-Chambarak (60km, +400m/-500m) : après la visite de Sevanavank, nous affrontons les nuages dans la partie nord du lac. Beaucoup de friches industrielles, et une ambiance vraiment particulière. A la bifurcation pour Chambarak, la route monte fortement, et nous pédalons dans le mauvais temps et la pluie. Nous arrivons transis de froid et mouillés à Chambarak, en essayant de ne pas écraser les nombreuses oies, chez Anna bed and breakfast, qui est près du centre. Anna et sa mère sont adorables, et au petit soin pour nous. On les quitte le lendemain à regret, comme des amis.
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  • J10 : Chambarak - Goschavank (45kms -800m/+300m) : à Chambarak, l’épicière nous fait cadeau d’un melon, et de plein de légumes, alors que nous étions simplement en train de nous mettre de la crème solaire devant sa devanture. Incroyable ! On a adoré la descente de 38km (-800m) qui a suivi, jusqu’à Gosh, en suivant la rivière Getik, la route est agréable, peu fréquentée et traverse de nombreux hameaux agricoles. Nous dormons à l’hôtel de Gosh, au pied du monastère de Goshavank, après une montée ardue sur 5kms. La vue sur le monastère est unique, et les dames adorables, même si on a l’impression que l’hôtel n’a pas bougé depuis 50 ans. Le propriétaire du café nous montre sa photo avec Charles Aznavour. Pas un jour sans qu’on nous parle de ce grand homme, qui a beaucoup fait pour son pays. On a été au lac Gosh à pied, et on déconseille de le faire à vélo car l’ascension est très raide.

 

  • J11 : Goshavank – Dilijan (40kms) : une route parfaitement bitumée jusqu’à Dilijan, mais très fréquentée. Pour atteindre le monastère de Hagartsin nous devons emprunter de nouveau une route de 8 kms qui traverse la forêt et nous demande de nombreux efforts (+400m de dénivelé. On regrette de ne pas avoir bivouaqué le long de ce parcours. Le soir, nous arrivons au B&B « Chez Nina », mais nous sommes un peu déçu car la propriétaire n’est plus là, et l’accueil s’en ressent.

 

  • J12 : journée de pause : randonnée jusqu’au Parz Lake (14kms à pied, 3h30).

 

  • J13 : Dilijan-Vanadzor- route d’Alaverdi (60kms +600m/-600m) : la montée se fait régulièrement vers Vanadzor, jusqu’aux paturages et aux sapins et bouleaux. (+600m environ). Nous laissons Tom repartir en taxi à Erevan rejoindre sa sœur pour la fête de l’eau (Vartavar) qui est le lendemain, 28 juillet. A Vanadzor, des papys Arméniens fan de vélo nous offrent le café et les baklavas ; Et nous repartons en direction d’Alaverdi, cela tombe bien, c’est de la descente. Nous dormons dans un petit resort arménien qui veut bien qu’on campe sur sa jolie pelouse.
 

 

  • J14 : sur la route d’Alaverdi (20km, -700m) le gardien du site tient à nous offrir le café et des biscuits, merci Grigori ! Le canyon vers Alaverdi est incroyable, la route est chouette, c’est dimanche il n’y a pas grand monde. Les travaux commencent peu avant la ville, et ne nous gênent pas vraiment. Chez Iris bed and Breakfast, Irina nous donne des conseils utiles et nous reçoit avec beaucoup de professionnalisme. Nous faisons la randonnée entre les monastères d’ Hagpat et Sanahin (3h) à l’heure chaude, mais comme c’est Vartavar, on se fait arroser ! Nous rentrons en taxi.
 

 

  • J15 : Alaverdi-Stepanavan (40kms, +700m/-200m) : route en lacet sans grande difficulté pour sortir du canyon vers Odzun, malgré les 300 mètres de dénivelé positif. Dans la jolie église d’ Odzun, le prêtre nous fait l’honneur d’une visite rien que pour nous. Puis nous faisons plusieurs montées et descentes jusqu ‘à Stepanavan, en traversant de jolis villages, c’est une journée assez fatigante malgré le faible nombre de kilomètres. Nous dormons chez Ruzanna Bed and breakfast, et discutons avec Sona, la fille de Ruzanna, qui parle anglais. L’emplacement est bien, mais la présence de toute la famille, des petits enfants jusqu’à la mamie de 96 ans, entassée dans quelques pièces, est un peu oppressante, nous avons l’impression de gêner, et nous préférons manger dans le nouveau café Carahounge, tenu par des réfugiés syriens. Une jeune fille de 12 ans, Varya, vient nous aborder dans le parc pour discuter en anglais, elle veut travailler dans la silicon valley et nous impressionne par sa grande maturité.

 

  • J16 : Stepanavan-Tashir- Blagardanoye (60km, +300m/-200m), presque uniquement sur route non bitumée. Après une visite éclair en taxi chez le dentiste pour Marcellin à Vanadzor, nous poursuivons vers Tashir en prenons les chemins de traverse. A Sverdlov, les locaux essaient de nous en dissuader, en raison du mauvais état de la route. On s’est obstinés, mais force est de constater qu’ils avaient raison, ce tronçon vers Tashir nous fait souffrir, nous poussons les vélos sous la chaleur dans les cailloux. A Tashir, un monsieur m’offre une pastèque, que j’arrime comme je peux sur mon vélo. Nous souhaitons poursuivre vers le pass sur la route jaune, mais les habitants de Tashir à qui nous demandons l’état de la route ne sont pas d’accord, certains nous disent que ce n’est pas possible, d’autres que si. Nous décidons de poursuivre, car nous ne voulons pas revenir en arrière. Les 8kms vers Blagordanoye sont fastidieux, nous zigzaguons entre les nids de poule. Au lieu idéal du bivouac, près de la rivière de Blagordanoye, et alors que nous aspirons au repos, une fête bat son plein. Armen nous invite à fêter son anniversaire, à grands renforts de verres de vodka, de danse et de chants. Nous sommes conviés à nous attabler avec famille et amis, et poulet, poisson, pastèque s’amoncèlent dans nos assiettes. Puis ils se « battent » » pour nous inviter à dormir chez eux, nous finirons dans le lit d’Armen et d’Eleni qu’ils veulent absolument nous donner pour la nuit, non sans avoir bu le lait fraichement tiré du pi de leurs vaches.

 

  • J17 : Blagardanoye- Gyumri (65 kms, +700m/-800m) : Nous prenons congé d’Armen et Eleni, et aussi de nos jeunes traductrices Leane et Suzanna qui nous ont servi d’interprètes avec brio. Le Karakhach pass (2273m) est assez difficile en raison du mauvais état de la route. En revanche les voitures sont rares et les hauts plateaux fleuris sublimes, nous croisons des apiculteurs qui ont fait des ruches dans des autobus. (photo ? ) Des Yézidis nous invitent dans leur yourte à boire un café et manger de la pastèque, nous acceptons avec reconnaissance. Eux aussi ont des membres de leur famille qui vivent en France, comme la plupart des Arméniens rencontrés. Ils vivent de l’élevage, et vivent dans les estives 4 mois par an, le reste du temps ils sont à Erevan. Ils nous invitent à rester chez eux, mais la route nous appelle. En redescendant vers Gyumri, nous renouons avec la sécheresse et les paysages jaunis que nous avions oubliés. Les arbres sont rares dans la région, cantonnés aux villages.
 

 

  • J18 : Gyumri- Ttujur (près d’Aparan) (75 kms, +800m/-400m). Après un petit-déjeuner très copieux chez Gnarik ( Sari Tey Bed and Breakfast, que nous recommandons), nous remontons à 2000 mètres pour suivre la jolie route d’Arevik, Panik, Spandaryan. Elle est bitumée et tranquille, et nous permet de traverser des jolis villages ainsi que de jouir de magnifiques vues sur l’Aragats et les champs de céréales dorés. Nous nous arrêtons fréquemment pour discuter ou prendre un rafraichissement. A la pause du midi, l’épicier de Gegadhr, désolé que nous n’ayions pu trouver des tomates chez lui, fait le déplacement spécialement chez lui pour nous en chercher et nous les apporter découpées dans une assiette, et cela gratutement ! De Alagyaz jusqu’à Aparan, nous renouons avec un trafic plus dense et nous devons être vigilants en descente à cause des nids de poule sur le bas-côté. A Aparan, nous pensions aller jusqu’à Hankavan, mais la piste et la difficile montée qui s’annonce nous en dissuade. Nous changerons donc d’itinéraire, en redescendant vers le réservoir d’Aparan et la vallée du Hrazdan pour rejoindre Erevan par les petites routes.

 

  • J19 : Ttujur - Erevan (75kms, +100m/-1100m) : nous quittons avec regret les champs moissonnés d’altitude, pour une journée de descente quasi continue, nous apprécions de revoir nos jeunes amis suisses Denali et Antoine, que nous avions rencontrés sur la route d’Alaverdi. Ils ont campé au pied du monastère de Astvasenkal Vankh, près de la rivière. Valéria, le tailleur de pierre qui rénove le monastère, très endommagé après le tremblement de terre, nous offre un bon café et des « gatas » de sa femme. Nous continuons par Argel, puis Marcellin suit les traces GPS de cycling Armenia pour rentrer dans Yerevan, et ensuite nous essayons de trouver l’accès à notre hôtel (Envoy Hotel, sympathique lieu de rencontre des voyageurs) en nous servant de Google maps piétons et Google maps voiture puisque Google maps vélo n’existe pas en Arménie. 

 

La carte de notre trajet :

Pour ceux qui veulent importer ce tracé au format GPX, voici le lien https://drive.google.com/file/d/1om8V0In4vp-RLrRKe-JMlFU7IoLWwJxf/view?usp=sharing

Notre bilan :

Ce qu’on a aimé :

  • La gentillesse des Arméniens, très généreux et toujours prêts à aider.
  • Les rencontres en général, avec les Arméniens ou avec les voyageurs. (Rappelons toutefois qu’un rudiment de russe ou d’arménien est indispensable pour pouvoir communiquer localement, peu de personnes parlant anglais ou français.)
  • La cuisine arménienne, et l’abondance des fruits et légumes au bord de la route. 
  • Les bras et pouces levés des conducteurs de Ladas, qui nous encourageaient ou nous klaxonnaient. 
  • Les sites exceptionnels des monastères.
  • Les fontaines d'eau dans les villages
  • Nos deux jours dans les Geghama à 3000m d’altitude.
  • L’abondance de la faune et de la flore, les travaux des champs qui nous font remonter quelques décennies en arrière.
  • L’animation des rues de Erevan le soir (fontaines lumineuses, de la place de la République, place de l’Opéra, cascade), le musée des manuscrits à Erevan.
  • Le sentiment de sécurité.

 

Ce qu’on a moins aimé

  • Les chiens agressifs
  • Erevan en vélo
  • Les routes très pentues pour aller aux monastères
  • Pédaler sur les routes à fort trafic (heureusement peu nombreuses)
  • Les routes en mauvais état (quand les gros cailloux nécessitent de pousser le vélo). 
  • Les déchets au bord des routes, des lieux de pique nique, des rivières. 

 

Voyager en avion avec les vélos : cette première expérience du voyage en avion avec les vélos est positive, nous n’avons pas eu de problème particulier à gérer et les vélos sont revenus en bon état dans leurs cartons. Voilà comment nous avons procédé, dans les grandes lignes :

Quelques semaines avant de partir, nous avons demandé à notre vélociste à Toulouse de nous donner des cartons, (ils nous ont donné aussi plusieurs éléments de polystyrene pour caler les vélos) que nous avons mesurés pour voir s’ils rentraient tous les trois dans notre voiture. Leurs dimensions : 138X83X21, 136X76X20 et 136X76X20. Ensuite, nous avons testé le démontage des vélos pour voir si cela convenait : dégonflage de moitié des pneus, le guidon desseré et attaché, les pédales enlevées et attachées au porte bagage, la selle baissée, la roue avant défaite (ainsi que l’axe de la roue) et attachée par des straps au cadre. Cela prend du temps, surtout pour 3 vélos, ne pas sous-estimer cette opération !

Ensuite, l’idée était de mettre les cartons dans la voiture, ainsi que les sacoches, pour aller à l’aéroport de Lyon, où nous avions notre vol Aeroflot-Moscou-Erevan.

Nous avons demandé un billet avec le maximum de bagages : deux bagages par personne en soute, soit un vélo et un sac, c’est à dire deux fois 23kg. Nous avions donc au total 8 sacoches vélos, réparties entre trois grands sacs en soute, et deux sacoches vélos que nous emmenions en cabine. Nous avons aussi pensé à prendre des sacs à dos pliables, pour les randonnées. La sacoche guidon d’ Anne est passée comme un sac à main. Attention, au retour, l’aéroport de Erevan nous a confisqué le scotch brun (un rouleau tout neuf !) qui nous servait à fermer les cartons, car c’est un produit interdit en cabine.

A Lyon, comme à Erevan, nous avons enregistré nos cartons vélos comme bagage « hors dimension » (oversize), après avoir fait l’enregistrement des autres sacs. Ils ne nous ont pas demandé d’ouvrir les cartons. A l’arrivée, nous avons récupéré les cartons vélo sur le tapis à bagages normal à Erevan, et à Lyon, sur un tapis spécifique « hors dimension ».

A Erevan, l’hôtel Envoy nous a envoyé un véhicule adapté pour embarquer nos cartons et nos sacoches, car nous arrivions à minuit. Il a accepté de laisser les vélos dans le corridor de l’hôtel et nous avons pris le temps de les remonter devant l’hôtel sur le trottoir, ce qui a d’ailleurs suscité une certaine curiosité et favorisé des rencontres !

 

 

 

 

 

 

 

vendredi, septembre 2 2016

PASSAU-BUDAPEST SUR L’EUROVELO 6 LE LONG DU DANUBE (été 2016)

Voilà le détail de notre périple pour d’autres familles qui auraient l’idée de découvrir le Danube à vélo entre Passau et Budapest en passant par l'Autrice et la Slovaquie.

Pour nous, il nous a fallu deux jours de voiture depuis Toulouse jusqu’à Passau en Allemagne. Notre Picasso est bien chargée : nous sommes cinq, dont trois ados,  plus les quatre vélos sur le porte-vélo, et nos douze sacoches dans le coffre. Le cinquième vélo, nous avons prévu de le louer à Passau et de le rendre à Vienne, car Mathilde, une copine d’Alice, nous accompagne mais ne fera que la première semaine avec nous. Nous faisons une pause non loin de Genève chez Vincent, un copain de promo de Marcellin, c’est le soir de la fête nationale et il y a des feux d’artifice partout. Le lendemain, après avoir traversé la Suisse (rappelons qu’il faut payer les 38 euros de vignette), nous arrivons enfin au camping de Passau le 2 août. Il pleut, mais heureusement, cela ne durera pas…

Jour1 Passau-Inzell ( 50km)

Un très joli tronçon, qui comprend non seulement la visite de la très jolie ville de Passau, mais aussi une magnifique piste cyclable en bord de Danube, en particulier après les vingt premiers kilomètres, quand la piste s’éloigne de la route. Les cyclistes sont nombreux,  attablés aux tavernes (Biergarten) régulièrement réparties sur le trajet. Nous choisissons de dormir au camping d’Inzell pour sa tranquillité, et nous le regretterons pas, c’est un très joli camping, très verdoyant. Prévoir l’anti-moustique, qui nous a servi presque tous les soirs le long du Danube pendant 15 jours.  

Jour 2 Inzell- Linz (65kms)

Si le matin est bien agréable, l’arrivée à Linz est nettement moins plaisante, de même que le camping de Linz où nous sommes tous très entassés. On dirait un camp de réfugiés, les groupes de cyclistes sont quelquefois un peu pesants. Heureusement, ce camping a l’avantage d’être à côté d’un lac où on peut se baigner, comme le font ce jour-là de nombreux habitants de Linz pour échapper à la grande chaleur. Le centre -ville de Linz dont les façades baroques sont très colorées mérite le détour, même s’il n’est pas à côté du camping. La nuit fut bruyante à cause des groupes d’autrichiens et de tchèques.

Jour 3 Linz-Grein (63kms)

Journée de pluie, pour nous mettre en condition pour la visite du camp de concentration de Mauthausen, où on arrive en montant une côte, une fois n’est pas coutume. A faire absolument pour le devoir de mémoire, un lieu très émouvant, on en paye que l’audioguide mais cela vaut vraiment le coup, même si c’est long (3h environ). Le soir, nous arrivons dans le beau village de Grein toujours mouillés et nous devons monter les tentes sous la pluie dans le camping détrempé. Par chance, ce camping a un restaurant pour manger au sec.

Jour 4 Grein-Melk (53kms)

Un vent fort dans le dos nous propulse littéralement à notre objectif en un temps record : l’abbaye bénédictine de Melk. Nous y arrivons à 14h, ce qui nous donne largement le temps d’en faire la visite, après avoir planté les tentes. (Le coin douche et toilette du camping est un peu restreint). La visite guidée de l’abbaye nous plonge dans l’histoire longue des Habsbourgs (600 ans) et de l’âge baroque. La bibliothèque est absolument magnifique, de même que l’église. Le soir, nous mangeons un applestrudel à la vanille succulent dans un des nombreux restaurants de cette ville touristique.

Jour 5 : Melk-Zwentendorf ( 73kms)

Une très jolie piste cyclable dans la jolie vallée de la Wachau, avec ses vignobles, ses petits villages et ses abricotiers. Après Krems, nous suivons la digue rectiligne de façon plus monotone, et ne sommes pas mécontents d’arriver enfin au camping municipal de Zwentendorf. Nous ne paierons pas la nuit, c’est dimanche et il n’y a personne à l’accueil.

Jour 6 Zwentendorf-Wien (70 kms)

Encore une grosse journée de vélo sous la chaleur. Nous avons aimé longer la jolie ville de Tulln le long du Danube (toilettes impeccables !), et l’accès très facile pour Vienne. Dans Vienne, nous avons eu un moment d’incertitude sur le trajet à adopter au moment de se rendre dans notre auberge de jeunesse (Do step Inn) près de Westbanhoff. Heureusement, Marcellin trouve un accès wifi et utilise le GPS sur son téléphone, car nous n’avons pas de plan papier de la ville, et cela résout le problème !

Jour 7 Vienne

L’auberge de jeunesse est très bien, nous y faisons une lessive et posons pour deux jours le vélo, le temps de voir à pied les merveilles de la ville : le palais de Schönbrun, le Hofburg (la nuit, c’est encore plus beau) , le nachtmarket, le Graben et la cathédrale Ste Etienne en particulier. 

Jour 8 Vienne-Bratislava (Slovaquie)

On ne vous le cache pas, on a fait cette partie en train depuis la gare centrale de Vienne, qui dispose d’un ascenseur pour les vélos. De toute façon, il pleut fort toute la journée, et on a du raccompagner Mathilde à l’aéroport entre temps. L’arrivée à Bratislava en vélo est un peu stressante, il faut gravir plusieurs ascenseurs avec les sacoches et nos montures. Puis sortis de la gare, il n’y a plus vraiment de piste cyclable, mais des pavés, des trottoirs sans « bateaux », et des lignes de tramways partout, dont certains datent de l’époque communiste. Par chance, l’auberge de jeunesse est bien (Mansard Hotel). Bratislava nous parait toute petite, comparé à Vienne. 

Jour 9 Bratislava-Györ 85kms

“Jo Napod ! “(bonjour) remplace désormais le « Guten Morgen », et le Danube n’est plus le Donau mais le Dunaj en Solvaque et Duna en Hongrois. Une fois sortis de Bratislava, nous avons choisi de continuer côté hongrois, en passant par les petits villages (Raka), où nous apercevons nos premières cigognes. Il faut maintenant payer en forint. Le fléchage de l’Eurovélo n’est pas toujours très bon, comparé à l’Autriche, mais nous avons un guide détaillé (tome 3 du Biketrail Vienna-Budapest) pour nous aider. Comme le jour suivant, nous ne verrons quasiment pas le Danube aujourd’hui. Il y a beaucoup moins de cyclistes sur cette portion, nous sommes souvent tous seuls et la piste passe par des endroits plus sauvages. Le vent nous pousse dans le dos agréablement. Le camping de Gyor est tenu par un vieux monsieur qui a quelques emplacements dans son jardin (56 hebertsa ul) et qui parle à peine anglais. La place centrale de Györ est une merveille, une belle découverte de ce voyage. La nuit tombe tôt et le froid aussi, nos duvets 15°C sont un peu limites.

Jour 10 Györ-Komarom (62kms)

Les chemins sont moins praticables, en terre, à travers champs et sous-bois. Heureusement, les thermes chauds extérieurs du camping de Komarom sont une bonne compensation et nous délassent agréablement. Comme partout en Hongrie, tout est écrit en hongrois et allemand, ce qui ne nous aide pas beaucoup.

Jour 11 Komarom-Nagymaros (Visegrad) 89 kms

Les vingt kilomètres après Komarno côté slovaque, sur la digue, sont impeccables.  Après, la piste se corse avec une portion partagée avec les voitures et des kilomètres de digue sur gravier, où nous ne croisons pas un chat. 60 kms plus loin, nous ne sommes pas fâchés d’atteindre Eztergom, surnommée quelquefois la « Rome hongroise ». Là,  nous repassons en Hongrie définitivement, en faisant une pause pour visiter la cathédrale. Après encore un mauvais tronçon de route, les vingt derniers kilomètres avant d’arriver à Nagymaros sont les plus beaux de la journée, avec des maisons somptueuses dans leur écrin de verdure… et nous avons retrouvé les bords du Danube, traversé trois fois aujourd’hui, de façon plus visibles. Le camping de Nagymaros jouit d’une vue imprenable sur le château de Visegrad en face. Attention toutefois aux moustiques.

Jour 12 Nagymaros- Budapest (68 kms)

Après avoir échangé avec une famille de cyclistes français, nous repartons affronter notre dernière journée de vélo sous la chaleur. C’est Dimanche, la piste cyclable, pas toujours en très bon état, est très fréquentée par les habitants de Budapest, et nous devons être vigilants car ils vont quelquefois très vite. A Szentendre, les touristes envahissent le village et nous font fuir. A l’approche de Budapest, nous devons louvoyer autour des piétons venus profiter des rives du Danube et de ses marchands de glace (les Hongrois adorent les glaces, nous n’en avons jamais vu autant !), mais aussi nous frayer un passage au milieu des milliers de jeunes qui se rendent  au festival de rock Sziget. Après une traversée de Budapest assez facile, grâce à la grande piste cyclable qui traverse l’île de Margrit et Buda, nous arrivons au camping de Heller. Mais il est bondé, et notre emplacement est minuscule, sur la terre battue. Nous n’y dormirons qu’une nuit, après avoir fait une lessive, préférant  nous rabattre sur un appart’hôtel près du métro Corvin-Negyed, le corvin point, avec une cour centrale pour mettre nos vélos.

Jour 13 et 14 Visite de Budapest. C’est très facile, grâce à la carte famille, tous les transports sont accessibles, et notamment le tramway et le métro. Les lieux que nous avons préféré : la visite guidée de la synagogue la plus grande d’Europe, et du Parlement, sans oublier la photo nocturne, et l’église St Matthias. Nous avons moins aimé le musée du château royal, pas indispensable, et les thermes de Shenyeni, que nous avons trouvé chers, même si c’était une façon de voir les JO les pieds dans l’eau, sur écran géant ! Pour finir, un restaurant familial et tout petit qu’on vous conseille côté Buda: le Toldikonhyaja, Batthyany u 14.

J15 : Retour en train depuis Budapest à Vienne avec vélos et sacoches dans le compartiment vélo, puis de Vienne à Linz, et de Linz à Passau (réserver à l’avance est conseillé). Un peu sportif pour hisser tout l’équipement du train au quai, prévoir un laps de temps d’un quart d’heure au moins à chaque fois. Nous avons raté un des trains pour cette raison, ce qui nous a obligé à attendre deux heures de plus à Linz. Ensuite, nous avons récupéré sans problème notre voiture laissée au parking de la gare de Passau (60 euros les 15 jours), et repris la route de la France en regrettant les viennoiseries et autres douceurs d’Europe centrale. Total parcouru en vélo : environ 678 kms.

samedi, août 8 2015

VOYAGE AU QUEBEC DU 12 JUILLET AU 8 AOUT 2015


Cet été, notre échange de maison nous a conduit au Québec, plus précisément dans les Laurentides, dans un petit paradis incroyablement perdu qui s’appelle la Minerve, à côté du lac Désert. L’occasion aussi de faire deux petits parcours à vélo en famille, que nous vous conseillons :

Le petit train du Nord est une piste cyclable très connue au Québec qui reprend le tracé d’une ancienne ligne de voie ferrée. Nous l’avons empruntée sur trois jours depuis Labelle jusqu’à Mont Laurier, en faisant une pause au camping « le Boisé » de Nominingue. Au retour, nous nous sommes arrêtés au camping « Manitou » de Val Barette en faisant un petit détour.

Un total d’environ 200 kms en partant de la Minerve, et dès que nous sortions de la piste cyclable des belles montées... Ce doit être bien sympa à faire sur une semaine, mais nous n’avions pas les vélos adaptés, donc nous étions soulagés de revenir ! On vous conseille aussi la journée de kayak/paddle à Labelle sur la rivière rouge avec des adolescents, surtout quand il fait beau car on peut s’y baigner.

De Quebec Eté 2015

Pour plus d'information, on vous conseille les deux liens suivants:


La véloroute des Bleuets autour du lac Saint Jean est aussi une façon plaisante de faire du vélo en famille. Il suffit de récupérer des cartes détaillées à Alma, dans la maison du vélo, et de louer des bicyclettes à Equinoxe à Alma. Nous n’avons pas été déçus par ces vélos, (de marque Vinci fabriqués au Québec) et de bonne qualité, même si on aurait préféré avoir le kit de réparation fourni en plus. Nous avons apporté nos 6 sacs de vélo Vaude depuis la France, d’ailleurs ils ont été l’objet de grande curiosité là bas. Voilà le détail de ces cinq jours de vélo, souvent marqués par des orages malheureusement (prévoir une bonne cape de pluie et des sacs étanches) et quelques incidents techniques:

De Quebec Eté 2015
De Quebec Eté 2015

J1 Alma-Ste Monique : (environ 60 km) . Si les premiers 30 kilomètres n’ont pas beaucoup d’intérêt (grande route), nous apprécions beaucoup le détour par la pointe du Taillon, qui est une piste cyclable de toute beauté à travers la forêt de bouleaux, entre les lacs à castors, et le long du lac. Il y a même une plage pour ceux qui voudraient se baigner, même si le temps ne s’y prête guère. Nous goutons nos premières myrtilles appelées ici bleuets, et admirons la couleur des champignons et des fougères. Nuit au camping de Ste Monique, sous la pluie, heureusement il y a une salle commune pour jouer au ping pong et manger au sec.

J2 Ste Monique-Dolbeau Mistassini (environ 55 kms): nous longeons de magnifiques passerelles en bois sur le lac Saint-Jean, et goutons aux spécialités locales dans un restaurant à Péribonka, le « pays » de Maria Chapdelaine : une soupe à la gourgane (fèves), une croustade de viande et une tarte aux bleuets. L’après-midi vers Dolbeau Mistassini est très plaisant, nous passons par des routes tranquilles à côté des fermes et des champs de céréales, et finissons par une piste cyclable qui mène directement au camping de Dolbeau Mistassini en bordure de spectaculaires chutes d’eau.

J3 Dolbeau-St Félicien (110 kms mais on peut faire moins !) : Départ à 8h30, plus motivés que jamais. Du coup, sur l’insistance d’Alice qui trouve que ce n’est pas assez sportif, on se rajoute une belle boucle de 44 kms de Girardville à Albanel plus au Nord sur une piste cyclable dans la forêt boréale de bouleaux et d’épinette blanc et noir. Bien nous en a pris, c’est notre partie préférée, car des bleuets à perte de vue et délicieux en plus ! Bon d’accord, on a aussi essuyé une perte de boulon du vélo de Tom, et un bel orage, un de plus. Mais il y a des avantages à ce mauvais temps : on fait des rencontres avec d’autres cyclistes quand on rencontre des abris en bois, répartis un peu partout sur la véloroute des bleuets. L’occasion de faire la causette avec les Québequois, qui en général adorent la France et le tour de France. C’est comme cela qu’on s’est fait inviter deux fois à prendre le café. Sympa, non ? La fin de la journée vire quand même à la bérézina, après un trajet sur route fréquentée par des camions de grume énormes qui nous déséquilibrent presque, Marcellin crève une nouvelle fois, et n’a pas le matériel adéquat pour réparer. Il en est réduit à faire du stop, heureusement une bonne âme en pick up charge Marcellin et le vélo, et nous les retrouvons un peu plus loin, finissant de réparer la bête. Les derniers kilomètres sont quand même durs car on est bien fatigués, et on a l’impression que le camping de St Félicien n’arrivera jamais ! A 19h, on pose enfin le pied par terre, après un arrêt ravitaillement, quelle journée !

J4 St Félicien-Val Jalbert (40 kms) Journée de récupération, avec la visite du magnifique zoo de St Félicien qui vaut vraiment le coup d’œil, avec son train grillagé qui circule au milieu des orignaux, ours et autres wapitis. L’après-midi, nous enfilons les kilomètres, malgré une nouvelle crevaison de Marcellin (heureusement qu’il y a un Intersports à St Félicien pour changer la roue) et une trombe d’eau qui nous tombe dessus sans crier gare. Le camping rustique de Val Jalbert a son charme, on est vraiment tous seuls, mais difficile de faire sécher nos chaussures et nos chaussettes…

J5 Val Jalbert-Alma (60 kms). Malgré un matin pluvieux, nous visitons le site historique de Val Jalbert , un village fantôme du XIXe siècle qui a été reconstruit autour de l’ancienne usine à bois. Même l’école a été recrée pour l’occasion, et nous nous glissons dans la peau des élèves de l’époque, c’est très drôle. Mais nous ne pouvons nous attarder, il nous reste encore à pédaler 60 kms pour rendre les vélos avant 18h à Alma. Finalement, ce sera chose faite vers 16h, malgré le vent en face. La piste cyclable nous a donné un beau point de vue sur le lac aujourd’hui, ce qui n’a pas été beaucoup le cas finalement. Nous sommes ravis de notre ballade.

Pour plus d'information, on vous conseille les deux liens suivants:

jeudi, août 15 2013

De la Manche à la Garonne à vélo

Pédaler près de 1300 kms en trois semaines, avec nos deux enfants de 11 et 14 ans, tel est le nouveau défi que nous nous sommes fixés cet été 2013. Pure folie ? Pas forcément, car nous avons emprunté majoritairement des pistes cyclables ou des véloroutes bien fléchées. Pour ceux qui auraient l’idée de faire la même chose, voilà les différentes étapes de ce parcours, achevé il y a quelques jours.

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J1 : Gouville sur Mer-Jullouville (56 kms) Départ de la Manche, après avoir déposé notre voiture chez Papi et Mamie.  

J2 : Jullouville-Mont St Michel  (66 kms) : la Normandie, ce n’est pas plat ! Mais quel bonheur de découvrir le Mont le soir après 18h, on peut y aller en vélo sans emprunter la navette.

Jour 3 : Mont-St Michel- Betton sur le canal de la rance (71 kms) en Bretagne : l’étape la plus dure, des montées et descentes. Dans quelle galère on s’embarque,  se demandent les enfants…Heureusement, ce soir, c’est pizza avec Alexys et Valérie (du réseau de cyclistes warmshowers)

Jour 4 : Betton-Bourg des Comtes (45 kms) : étape facile le long du canal. Merci à Jérôme et Delphine, une famille de futurs tourdemondistes, de nous prêter leur accueil pour ce soir.

Jour 5 : Bourg des Comtes-Redon (62kms) : il pleut, il pleut ! Mais la crêperie de Guippry Messac nous réconforte.  Ce soir, c’est Coralie et Laurent qui nous hébergent et nous découvrons émerveillés leurs créations. (http://www.colorant14.net/)

Jour 6 : Redon-Pornichet  (71 kms) : dur, dur le vent en face. Longue étape.

J7 : Journée de pause à Pornichet avec nos amis, ouf

J8 : Pornichet-Pornic  (56 kms) : leçon du jour : NE JAMAIS PASSER LE PONT DE SAINT NAZAIRE A VELO QUAND IL Y A BEAUCOUP DE VENT. Nous sommes hébergés par nos amis de la Fraiseraie, rencontrés pendant le tour du monde.

J9 : Pornic-Noirmoutier (76 kms) : on aime l’Eurovélo 1, qui va nous accompagner jusqu’à Lacanau en Gironde. La traversée du Goix s’impose, même s’il y a beaucoup de voitures.

J10 : Noirmoutiers-Saint Gilles Croix de vie (51 kms) : que du bonheur dans les pins

J11 : St Gilles Croix de Vie-Jard sur mer ( 63 kms) :  partie très agréable et très jolie, avec la baignade aux Sables d’Olonne.  On aime la Vendée et ses belles pistes cyclables!

J12 Jard sur mer-Esnandes (Charente Maritimes) (75 kms) : une vingtaine de Kms dans les pins, puis des champs de blé.

J13 Esnandes-Rochefort : 56 kms. Cela vaut le coup de découvrir la Rochelle, l’Hermione à Rochefort, et le camping municipal de Rochefort est le moins cher de tout le parcours !

J14 : Rochefort-Saint-Palais sur mer (65 kms) : on a aimé le transbordeur de Rochefort, les oiseaux (cigognes !) des marais de Marennes, les pins et plage de la Palmyre.

J15 : Jour de repos à Saint-Palais.

J16 Saint-Palais – Hourtin plage (64 kms) : On retrouve la pluie après avoir passé très facilement la Gironde sur le bac entre Royan et le Verdon. Encore de belles pistes cyclables dans la forêt. La leçon du jour : NE JAMAIS LAISSER LES VETEMENTS DANS UNE SECHEUSE DE CAMPING (cinq étoiles) SANS SURVEILLANCE. On s’est fait voler la moitié de nos vêtements…

J17 Hourtin-Lacanau (40kms) : Encore de magnifiques pistes cyclables au milieu des pins et des cigales, mais qui a dit que les Landes étaient plates ?

J18 Lacanau-Bordeaux  (67 kms) : On quitte l’Eurovélo 1 pour une piste cyclable rectiligne. Le camping international de Bordeaux est un peu dur à trouver.

J19 Bordeaux-La Réole (85 kms) : c’est magique de longer les quais de Bordeaux sous le soleil. La piste Bordeaux-Sauveterre est très chouette.  Mais la partie Sauveterre-la Réole est plus dure (15 kms).  Bon camping à la Réole, simple et pas cher.

J20 : la Réole-Sérignac  (70 kms) : la plus grande partie du canal de l’entre deux mers est ombragée. Nous dormons à l’aire naturelle de camping gratuite de Sérignac, à deux pas du canal. Mais nous seront dérangés le soir par les joyeux pétanqueurs sérignacais.

J21 : Sérignac-Moissac (71 kms) :   à voir le pont canal d’Agen, et celui de Moissac. Le camping de Moissac est sympa (piscine)

J22 : Moissac-Fonsorbes (94 kms, notre record !) Moissac-Toulouse  n’est pas la plus jolie partie du canal. Mais quelle joie d’arriver enfin dans  un bon lit silencieux ! 

Le bilan

Les plus Les moins
  • Environ 1300 kms dont 90% de pistes cyclables, c’est très faisable en trois semaines, même avec des enfants de 11 et 14 ans. Du moment qu’il y a des compensations (nourriture et boissons, piscine)
  • Campings avec douches et piscines bien souvent, raison pour laquelle nous n’avons pas bivouaqué.
  • Les rencontres, notamment chez les « warmshowers » peuvent être providentielles, en particulier quand il pleut.
  • Une tablette peut servir, dans laquelle on aura pris soin de télécharger quelques cartes utiles (Normandie, Bretagne).
  • Les campings se sont révélés bruyants dans l’ensemble en plein été. Arriver avant 17h dans les endroits touristiques en plein été.
  • On était trop chargés, avec nos dix sacoches : une seule paire de chaussures (ou sandales) suffirait, et seulement un poncho de pluie par personne.
  • C’est un peu fastidieux de faire les courses tous les jours, voire deux fois par jour pour des problèmes de réfrigération en été.
  • Prendre un réchaud à gaz de bonne qualité, avec la bonne recharge. Nous comptions un peu sur notre réchaud à bois, mais c’est interdit en été dans les campings en France.
  • Ne pas sous-estimer les distances. Nos calculs étaient régulièrement 10 kms en dessous de la réalité quotidienne.

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