Les contraintes administratives : avec des enfants de primaire, la difficulté n’est pas insurmontable. L’instruction est obligatoire, mais pas forcément l’école. Il suffit d’envoyer une lettre au maire et à l’inspecteur académique quelques mois avant pour préciser les raisons et les dates à partir desquelles l’enfant n’ira plus à l’école. Vous recevez ensuite un courrier des autorités éducatives rappelant que vous encourez les foudres éducatives (forte amende et même peine de prison !) si vous n’éduquez pas votre enfant. Dans notre cas, nous avons reçu un courrier de l’inspecteur demandant un rendez-vous à votre retour pour valider le travail fait par l’enfant pendant cette année sabbatique, pour lui permettre d’aller dans la classe supérieure. Les familles qui voyagent seulement six mois n’ont pas forcément cette contrainte, surtout si le voyage se termine avant la fin de l’année scolaire, auquel cas l’enfant peut réintégrer sa classe, ce qui est bien pratique. Enfin, dans notre cas, une assistante sociale est venue à notre domicile vérifier les raisons de la déscolarisation des enfants.

Le matériel scolaire : quand on veut voyager léger comme nous, on ne peut se permettre de prendre des cours par correspondance. Le CNED impose 10 kg en plus de matériel scolaire, et le renvoi régulier des devoirs. Difficile à concilier avec le nomadisme en transports en commun, ou en vélo. Plus facile en camping-car et en voilier.  Comme les enfants n’étaient pas encore au collège, nous avons seulement pris des cahiers d’exercice (cahiers du jour et du soir) en maths et français, ainsi que le programme pour le CE1 et CM2.  Donc, non, le CNED n’est pas obligatoire.

Le rythme scolaire : nous avions décidé de travailler une heure par jour quoiqu’il arrive, 365 jours. Quand nous ne pouvions vraiment pas faire autrement, nous rattrapions les jours suivants. On ne vous cache pas que cela a été le plus dur du voyage : démotivation des enfants quand on travaillait face à la plage, dans une ambiance de vacances. Bruit et déconcentration pour le plus jeune, avec le problème de l’absence de table pour travailler quelquefois. Alors, oui, même si nous avons eu l’impression de couvrir à peu près les principaux points, la mémorisation du plus jeune n’était pas optimale et je constatais avec horreur qu’il oubliait au fur et à mesure. Pour la grande qui avait un excellent niveau en partant, la rédaction du carnet de voyage une fois par semaine était un incontournable, à côté de ses exercices.

Le bilan : Difficile de généraliser selon les enfants. L’examen des inspecteurs s’est bien passé. Dans notre cas, le voyage n’a pas réellement changé ce qui existait avant le départ : Tom a gardé ses lacunes en calcul, qu’il a ensuite comblées l’année suivante. Par contre il a lu beaucoup plus ! Quant à sa sœur, elle a sauté une classe en revenant, preuve que ce voyage ne l’avait pas pénalisée.