Voilà le détail de notre périple pour d’autres familles qui auraient l’idée de découvrir le Danube à vélo entre Passau et Budapest en passant par l'Autrice et la Slovaquie.

Pour nous, il nous a fallu deux jours de voiture depuis Toulouse jusqu’à Passau en Allemagne. Notre Picasso est bien chargée : nous sommes cinq, dont trois ados,  plus les quatre vélos sur le porte-vélo, et nos douze sacoches dans le coffre. Le cinquième vélo, nous avons prévu de le louer à Passau et de le rendre à Vienne, car Mathilde, une copine d’Alice, nous accompagne mais ne fera que la première semaine avec nous. Nous faisons une pause non loin de Genève chez Vincent, un copain de promo de Marcellin, c’est le soir de la fête nationale et il y a des feux d’artifice partout. Le lendemain, après avoir traversé la Suisse (rappelons qu’il faut payer les 38 euros de vignette), nous arrivons enfin au camping de Passau le 2 août. Il pleut, mais heureusement, cela ne durera pas…

Jour1 Passau-Inzell ( 50km)

Un très joli tronçon, qui comprend non seulement la visite de la très jolie ville de Passau, mais aussi une magnifique piste cyclable en bord de Danube, en particulier après les vingt premiers kilomètres, quand la piste s’éloigne de la route. Les cyclistes sont nombreux,  attablés aux tavernes (Biergarten) régulièrement réparties sur le trajet. Nous choisissons de dormir au camping d’Inzell pour sa tranquillité, et nous le regretterons pas, c’est un très joli camping, très verdoyant. Prévoir l’anti-moustique, qui nous a servi presque tous les soirs le long du Danube pendant 15 jours.  

Jour 2 Inzell- Linz (65kms)

Si le matin est bien agréable, l’arrivée à Linz est nettement moins plaisante, de même que le camping de Linz où nous sommes tous très entassés. On dirait un camp de réfugiés, les groupes de cyclistes sont quelquefois un peu pesants. Heureusement, ce camping a l’avantage d’être à côté d’un lac où on peut se baigner, comme le font ce jour-là de nombreux habitants de Linz pour échapper à la grande chaleur. Le centre -ville de Linz dont les façades baroques sont très colorées mérite le détour, même s’il n’est pas à côté du camping. La nuit fut bruyante à cause des groupes d’autrichiens et de tchèques.

Jour 3 Linz-Grein (63kms)

Journée de pluie, pour nous mettre en condition pour la visite du camp de concentration de Mauthausen, où on arrive en montant une côte, une fois n’est pas coutume. A faire absolument pour le devoir de mémoire, un lieu très émouvant, on en paye que l’audioguide mais cela vaut vraiment le coup, même si c’est long (3h environ). Le soir, nous arrivons dans le beau village de Grein toujours mouillés et nous devons monter les tentes sous la pluie dans le camping détrempé. Par chance, ce camping a un restaurant pour manger au sec.

Jour 4 Grein-Melk (53kms)

Un vent fort dans le dos nous propulse littéralement à notre objectif en un temps record : l’abbaye bénédictine de Melk. Nous y arrivons à 14h, ce qui nous donne largement le temps d’en faire la visite, après avoir planté les tentes. (Le coin douche et toilette du camping est un peu restreint). La visite guidée de l’abbaye nous plonge dans l’histoire longue des Habsbourgs (600 ans) et de l’âge baroque. La bibliothèque est absolument magnifique, de même que l’église. Le soir, nous mangeons un applestrudel à la vanille succulent dans un des nombreux restaurants de cette ville touristique.

Jour 5 : Melk-Zwentendorf ( 73kms)

Une très jolie piste cyclable dans la jolie vallée de la Wachau, avec ses vignobles, ses petits villages et ses abricotiers. Après Krems, nous suivons la digue rectiligne de façon plus monotone, et ne sommes pas mécontents d’arriver enfin au camping municipal de Zwentendorf. Nous ne paierons pas la nuit, c’est dimanche et il n’y a personne à l’accueil.

Jour 6 Zwentendorf-Wien (70 kms)

Encore une grosse journée de vélo sous la chaleur. Nous avons aimé longer la jolie ville de Tulln le long du Danube (toilettes impeccables !), et l’accès très facile pour Vienne. Dans Vienne, nous avons eu un moment d’incertitude sur le trajet à adopter au moment de se rendre dans notre auberge de jeunesse (Do step Inn) près de Westbanhoff. Heureusement, Marcellin trouve un accès wifi et utilise le GPS sur son téléphone, car nous n’avons pas de plan papier de la ville, et cela résout le problème !

Jour 7 Vienne

L’auberge de jeunesse est très bien, nous y faisons une lessive et posons pour deux jours le vélo, le temps de voir à pied les merveilles de la ville : le palais de Schönbrun, le Hofburg (la nuit, c’est encore plus beau) , le nachtmarket, le Graben et la cathédrale Ste Etienne en particulier. 

Jour 8 Vienne-Bratislava (Slovaquie)

On ne vous le cache pas, on a fait cette partie en train depuis la gare centrale de Vienne, qui dispose d’un ascenseur pour les vélos. De toute façon, il pleut fort toute la journée, et on a du raccompagner Mathilde à l’aéroport entre temps. L’arrivée à Bratislava en vélo est un peu stressante, il faut gravir plusieurs ascenseurs avec les sacoches et nos montures. Puis sortis de la gare, il n’y a plus vraiment de piste cyclable, mais des pavés, des trottoirs sans « bateaux », et des lignes de tramways partout, dont certains datent de l’époque communiste. Par chance, l’auberge de jeunesse est bien (Mansard Hotel). Bratislava nous parait toute petite, comparé à Vienne. 

Jour 9 Bratislava-Györ 85kms

“Jo Napod ! “(bonjour) remplace désormais le « Guten Morgen », et le Danube n’est plus le Donau mais le Dunaj en Solvaque et Duna en Hongrois. Une fois sortis de Bratislava, nous avons choisi de continuer côté hongrois, en passant par les petits villages (Raka), où nous apercevons nos premières cigognes. Il faut maintenant payer en forint. Le fléchage de l’Eurovélo n’est pas toujours très bon, comparé à l’Autriche, mais nous avons un guide détaillé (tome 3 du Biketrail Vienna-Budapest) pour nous aider. Comme le jour suivant, nous ne verrons quasiment pas le Danube aujourd’hui. Il y a beaucoup moins de cyclistes sur cette portion, nous sommes souvent tous seuls et la piste passe par des endroits plus sauvages. Le vent nous pousse dans le dos agréablement. Le camping de Gyor est tenu par un vieux monsieur qui a quelques emplacements dans son jardin (56 hebertsa ul) et qui parle à peine anglais. La place centrale de Györ est une merveille, une belle découverte de ce voyage. La nuit tombe tôt et le froid aussi, nos duvets 15°C sont un peu limites.

Jour 10 Györ-Komarom (62kms)

Les chemins sont moins praticables, en terre, à travers champs et sous-bois. Heureusement, les thermes chauds extérieurs du camping de Komarom sont une bonne compensation et nous délassent agréablement. Comme partout en Hongrie, tout est écrit en hongrois et allemand, ce qui ne nous aide pas beaucoup.

Jour 11 Komarom-Nagymaros (Visegrad) 89 kms

Les vingt kilomètres après Komarno côté slovaque, sur la digue, sont impeccables.  Après, la piste se corse avec une portion partagée avec les voitures et des kilomètres de digue sur gravier, où nous ne croisons pas un chat. 60 kms plus loin, nous ne sommes pas fâchés d’atteindre Eztergom, surnommée quelquefois la « Rome hongroise ». Là,  nous repassons en Hongrie définitivement, en faisant une pause pour visiter la cathédrale. Après encore un mauvais tronçon de route, les vingt derniers kilomètres avant d’arriver à Nagymaros sont les plus beaux de la journée, avec des maisons somptueuses dans leur écrin de verdure… et nous avons retrouvé les bords du Danube, traversé trois fois aujourd’hui, de façon plus visibles. Le camping de Nagymaros jouit d’une vue imprenable sur le château de Visegrad en face. Attention toutefois aux moustiques.

Jour 12 Nagymaros- Budapest (68 kms)

Après avoir échangé avec une famille de cyclistes français, nous repartons affronter notre dernière journée de vélo sous la chaleur. C’est Dimanche, la piste cyclable, pas toujours en très bon état, est très fréquentée par les habitants de Budapest, et nous devons être vigilants car ils vont quelquefois très vite. A Szentendre, les touristes envahissent le village et nous font fuir. A l’approche de Budapest, nous devons louvoyer autour des piétons venus profiter des rives du Danube et de ses marchands de glace (les Hongrois adorent les glaces, nous n’en avons jamais vu autant !), mais aussi nous frayer un passage au milieu des milliers de jeunes qui se rendent  au festival de rock Sziget. Après une traversée de Budapest assez facile, grâce à la grande piste cyclable qui traverse l’île de Margrit et Buda, nous arrivons au camping de Heller. Mais il est bondé, et notre emplacement est minuscule, sur la terre battue. Nous n’y dormirons qu’une nuit, après avoir fait une lessive, préférant  nous rabattre sur un appart’hôtel près du métro Corvin-Negyed, le corvin point, avec une cour centrale pour mettre nos vélos.

Jour 13 et 14 Visite de Budapest. C’est très facile, grâce à la carte famille, tous les transports sont accessibles, et notamment le tramway et le métro. Les lieux que nous avons préféré : la visite guidée de la synagogue la plus grande d’Europe, et du Parlement, sans oublier la photo nocturne, et l’église St Matthias. Nous avons moins aimé le musée du château royal, pas indispensable, et les thermes de Shenyeni, que nous avons trouvé chers, même si c’était une façon de voir les JO les pieds dans l’eau, sur écran géant ! Pour finir, un restaurant familial et tout petit qu’on vous conseille côté Buda: le Toldikonhyaja, Batthyany u 14.

J15 : Retour en train depuis Budapest à Vienne avec vélos et sacoches dans le compartiment vélo, puis de Vienne à Linz, et de Linz à Passau (réserver à l’avance est conseillé). Un peu sportif pour hisser tout l’équipement du train au quai, prévoir un laps de temps d’un quart d’heure au moins à chaque fois. Nous avons raté un des trains pour cette raison, ce qui nous a obligé à attendre deux heures de plus à Linz. Ensuite, nous avons récupéré sans problème notre voiture laissée au parking de la gare de Passau (60 euros les 15 jours), et repris la route de la France en regrettant les viennoiseries et autres douceurs d’Europe centrale. Total parcouru en vélo : environ 678 kms.