Si Phan Don, les 4000 îles

Paksé, la porte du sud du Laos. Pour une fois, la nuit en bus depuis Vientiane n'a pas été trop mauvaise, car nous étions dans un véhicule extraordinaire!

Notre bus était équipé de vraies couchettes, certes étroites mais complètement horizontales, et de plus, en lits superposés comme dans un train. Même le sol était éclairé par une rampe lumineuse, c'est assez magique! Tom et Alice sont contents de tester un nouveau mode de transport; ils ne sont pas les seuls et c'est une sorte d'euphorie générale qui règne dans ce bus un peu spécial ce soir là. Petite précision de Marcellin, mieux vaut mesurer moins de 1m75, ne pas avoir de larges épaules...et connaître la personne avec qui on partage sa couchette! Aller aux toilettes, en l'occurrence des toilettes à la turc est un haut exercice d'équilibriste, comme vous pouvez l'imaginer...

Au terminal de bus de Paksé à 6 heure, Marcellin suggère: « pourquoi ne pas enchaîner sur un bus partant vers le site de Si Phan Don? » Nous hésitons. Les 4000 îles se trouvent à 3h de là, à la frontière du Cambodge, à un endroit où le Mékong forme un vaste bassin de plusieurs kilomètres de large. Finalement, c'est ce que nous faisons. Mais dans quelle île loger? Il y a 3 îles accueillant des touristes: Don Kong, Don Det et Don Khon. La première est la plus grande, la deuxième la plus petite et la dernière la moins « polluée » par le tourisme. Nous décidons de nous rendre à Don Khon

Trois heures et une demi heure de pirogue plus tard, la famille Dagicour largue enfin les amarres sur l'île, harassée par le voyage, la chaleur, et le poids de bagages. Il n'est pas loin de midi, il faut encore trouver une guesthouse libre. C'est finalement chose faite au Pan Guesthouse, la chambre est confortable et bien située en face du Mékong (voir photo ci-dessus),

mais il faudra nous contenter d'un grand lit pour trois personnes et d'un lit simple.....pour la Saint Valentin, on a connu mieux! Inutile de préciser que ce jour là, les enfants n'ont pas fait école, il y a des limites à l'endurance humaine...

Au matin, nous sommes réveillés par le bruit des bateaux à moteur sur le Mékong. Nous partons tôt (8h, il fait déjà 28°C) pour faire le tour de l'île à vélo. Cette fois, Tom a le sien. Nous serpentons au milieu des rizières desséchées et de la forêt (noix de coco et kapoks), quelquefois le chemin est caillouteux et il faut pousser fort sur les pédales.... quelle sueur!

Heureusement, nous trouvons un endroit sympa pour nous baigner dans le Mékong, assez loin des chutes pour ne pas être entrainer par le courant, et au milieu de petites embarcations de pêcheur. On nous propose à plusieurs reprises de nous emmener voir les dauphins sur le Mekong, mais nous savons que nous ferions que les apercevoir de loin, et nous les avons déjà vus en Amazonie!

Sur les chutes des constructions bizarres en bambous semblent suspendus sur les rochers. En fait, en saison des pluies, ils servent à piéger les poissons!

L'île est paisible et pas encore envahie par le tourisme de masse. Nous savourons les siestes l'après-midi, de toute façon il n'y a pas grand chose à faire sous cette chaleur.

Le plateau des Bolovens

De retour à Paksé le 15 février, nous tombons sur un camping car français devant l'hôtel Paksé où nous logeons ce soir.

C'est la famille Pouliquen (http://www.levoyagedespouliquen.com/)avec leurs trois filles, Marie, Lucille et Violette. Le monde est petit, ils sont les amis de la famille Motte avec qui nous avons passé Noël en Australie. Avec Marc et Hélène, qui circulent eux dans Bucéphale http://www.camion4x4.com/ , nous allons manger tous ensemble une fondue lao dans une gargotte près du Mékong. Ils nous racontent leurs anecdotes et c'est l'occasion de compléter nos connaissances en terme de voyage longue durée en camping-car.

Ils nous conseillent d'aller quelques jours au plateau des Boloven, voir les cascades de Tad Lo.

Ces cascades sont plaisantes, car situées sous les arbres. Nous nous y baignons plusieurs fois, comme les enfants du coin, en admirant le bain des éléphants du Tad Lo Lodge. Notre guide, Sam, qui est aussi notre hôte pour deux nuits dans sa guesthouse, nous fait visiter les villages Katus et Alak des alentours. Nous rencontrons même une classe en plein air, sous un arbre, dans l'attente de la restauration de leur école. Comme souvent, Alice et Tom attirent l'attention des élèves et de leurs maitres. Cette marche de 4heures pour aller voir les cascades ne présente d'autre difficulté que la chaleur toujours présente car le chemin n'est guère ombragé: c'est la saison sèche, où les paysans brûlent leurs champs, et tout est très sec ici et très poussiéreux.

Pour une fois, nous faisons vivre une famille de six Laotiens, et nous assistons à leur vie depuis la terrasse de nos deux bungalows, ainsi qu'au passage des enfants et des multiples animaux du village: troupeau de vaches, cochons, chiens, poules....Dur dur de faire l'école entre les beuglements et le bruit des cigales!

Les enfants profitent des crêpes bananes chocolat, ainsi que des jus frais, au petit déjeuner et au quatre heure dans le restaurant sympathique de Tim, qui parle un bon français.

Sur le trajet du retour à Paksé, nous pouvons apercevoir de nouveau les plantations de café. Les grains ont été récoltés récemment et sèchent au soleil dans des enclos pour éviter certainement d'etre dévorés par les nombreux animaux en liberté. Introduite par les Français dans les années 1920, la culture du café se concentre à 99% sur le plateau des Bolovens. Néanmoins le Laos demeure un producteur mineur à l'échelle international (0,2%), mais représente un enjeu important au niveau régional: 15000 familles le cultivent soit 80% du plateau. Le café représente d'ailleurs 16% des exportations agricoles du pays, essentiellement vers des pays européens tels que la Pologne et la Suisse. A notre retour nous regarderons si l'on trouve du café laotien dans nos rayons bio.

Nous ne verrons pas de café sur le grand marché de Pakse, mais étonnamment du bon pain français, 5000 kips la piece, soit 50 centimes d'euros. Le marché est très coloré et on y de trouve de tout.